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Bulletin Quotidien Europe N° 9353
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/biotechnologie

La commission de l'agriculture du PE lève le tabou sur les OGM - Appel à une stratégie pour la biotechnologie en agriculture dans l'UE

Bruxelles, 26/01/2007 (Agence Europe) - Il est temps que l'Europe cesse de jeter l'opprobre sur les biotechnologies en agriculture pour accepter d'en voir et d'en retirer les bénéfices pour l'alimentation, la santé humaine, l'environnement, la compétitivité européenne, estime la commission de l'agriculture et du développement rural du PE.

En adoptant, le 24 janvier, le rapport d'initiative du libéral finlandais Kyösti Virrankoski intitulé « la biotechnologie: les perspectives et les défis pour l'agriculture en Europe », les membres de la commission parlementaire ont souscrit aux arguments de leur rapporteur. Le rapport amendé a certes été adopté à une courte majorité, mais le tabou anti-OGM est levé. Véritable hymne à la biotechnologie moderne, le rapport estime qu'il est important de reconnaître que la biotechnologie offre de véritables opportunités: émergence de produits agricoles entièrement nouveaux - y compris de produits pharmaceutiques comme des vaccins oraux, des produits présentant des niveaux plus élevés d'acides aminés essentiels ou de vitamines, ou une teneur améliorée en acide gras, et des produits dépourvus d'allergènes, et de facteurs anti-nutritifs ; mais également réduction de l'utilisation de pesticides, d'herbicides et d'engrais dans les cultures, lutte contre la faim dans le monde, promesses de « solutions intéressantes » de production d'énergie durable (biocarburants et biomasse). Partant, les parlementaires invitent la Commission européenne à créer un groupe de haut niveau de la Commission, du Conseil et du Parlement européen pour élaborer une stratégie en matière de biotechnologie pour l'agriculture de l'Union. Ils appellent de leurs vœux une approche commune de la coexistence entre cultures génétiquement modifiées et cultures traditionnelles et biologiques dans l'UE, et considèrent que la procédure d'autorisation des OGM destinés à l'agriculture, « lente et bureaucratique, contribue au retard de l'UE par rapport à ses concurrent mondiaux ». Le dernier mot reviendra à la session plénière du Parlement qui devrait se prononcer sur le sujet en février.

Le vote de la commission de l'agriculture a de quoi ravir Europabio, l'Association européenne des industries de la biotechnologie, qui déplore le retard pris par les agriculteurs européens, en termes d'accès aux biotechnologies, sur leurs concurrents du monde entier. Marc Van Montagu, président de l'International Plant Biotechnology Organisation et de la Fédération européenne de la biotechnologie, se dit convaincu de l'importance du transfert de technologies et de la recherche sur la biotechnologie végétale orientée vers les besoins des pays en développement. « Combattre le cercle vicieux de la famine et de la pauvreté est la tâche la plus urgente à laquelle notre société est confrontée, et exigera une reformulation des modèles actuels d'agriculture », déclarait-il le 23 janvier à la presse à Bruxelles. Eu égard à l'accroissement des cultures OGM dans le monde (une augmentation de 12 millions d'hectares en 2006 imputable principalement à la Chine et à l'Inde), Europabio regrette, dans un communiqué, que « la plupart des agriculteurs de l'UE continuent d'être freinés par les dysfonctionnements d'un système réglementaire et des règles de coexistence disproportionnées ».

L'ONG Friends of the Earth International (FoEi) est d'un tout autre avis. Son récent rapport intitulé “ Who benefits from GM crops ?” (« A qui profitent les cultures OGM ? »), rapport consultable sur le site http: //http://www.foei.org , entend démontrer que les cultures OGM ont échoué à relever les principaux défis auxquels sont confrontés les agriculteurs dans le monde. « Aucune culture génétiquement modifiée sur le marché aujourd'hui n'a fait quoi que ce soit pour alléger la faim dans ou la pauvreté en Afrique ou ailleurs (…) Les preuves existent qu'elles utilisent plus de pesticides, fournissent de plus faibles rendements et provoquent une contamination des cultures à large échelle », déclare Nnimmo Bassey de FoE Afrique au Nigeria. (an)

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