Strasbourg, 18/01/2007 (Agence Europe) - De retour d'une mission périlleuse de neuf jours en Irak, André Brie (GUE/NGL, allemand) et Paulo Casaca (PSE, portugais) ont dressé mercredi à Strasbourg un sombre tableau de la situation en Irak. Afin de réagir face à « la grande déception » de la population irakienne « vis-à-vis de la passivité de l'UE » et permettre à l'Europe de s'impliquer davantage dans l'avenir du pays, ils proposent la mise sur pied de la plate-forme « Un futur pour l'Irak », qui sera lancée lors d'une prochaine séance plénière. Il s'agirait d'un « instrument pour que les Européens et les Irakiens essaient de trouver une solution à la situation actuelle. Nous pensons qu'il y a une région - le Kurdistan irakien - où les choses vont plutôt bien », a déclaré M. Casaca. Pour lui, les leaders kurdes sont aujourd'hui plus préoccupés par la volonté de développer leur région dans des domaines tels que « l'environnement, la santé et l'éducation » qu'animés par un « esprit de revanche ». « Nous ne voulons pas la séparation » du Kurdistan de l'Irak, a-t-il prévenu, mais utiliser cette région « sûre et prospère » comme plate-forme à la réalisation de projets destinés à l'ensemble du pays.
Les deux hommes ont dépeint un tableau sombre de la situation en Irak: dégradation des conditions politiques, massacres quotidiens, accès catastrophique à la nourriture et aux soins médicaux, rationnement de l'électricité, faillite de la stratégie américaine. « Dans les médias, on donne l'impression qu'il s'agit d'une guerre entre les communautés chiites et sunnites. Or, il n'y avait pas de tradition en Irak pour ce genre d'affrontements. Je voudrais qu'on ne continue pas à décrire l'Irak de cette façon-là. On dit que les Irakiens sont des barbares, qu'ils ont recours à la violence aveugle. Cela ne reflète pas la bonne image » du pays, a déclaré M. Brie. Pour M. Casaca, cette situation dramatique n'est « pas due à la haine tribale mais elle est organisée pour détruire l'Irak par le biais de milices qui torturent et assassinent ». Et d'ajouter: « La plupart des Irakiens disent qu'Al-Qaida travaille en tandem avec les milices. Al-Qaida, c'est l'outil des ennemis de l'Irak pour détruire l'Irak. Une heure et demie après la remise de Saddam Hussein au Premier ministre irakien, il a été tué par des milices. On voit bien pour qui travaille le Premier ministre irakien ». MM. Brie et Casaca ont remis mardi 16 janvier leur rapport de mission au Président de la Commission européenne José Manuel Barroso, et le feront prochainement à M. Guterres, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. (mb)