Bruxelles, 18/01/2007 (Agence Europe) - Dans une tribune parue jeudi dans le quotidien britannique Guardian, le Commissaire au Commerce Peter Mandelson appelle le Royaume-Uni à s'engager davantage dans une approche plus constructive vis-à-vis de l'Union européenne. M. Mandelson estime en effet que plus en plus de raisons justifient la nécessité pour le Royaume-Uni d'harmoniser ses politiques plus étroitement avec celles de l'Union. « La question de l'appartenance à la zone euro étant gelée, les réalités de la mondialisation déplacent le débat sur un terrain plus favorable aux pro-européens en raison du manque de solutions nationales à leurs défis », souligne-t-il, avant d'estimer que: « le même principe s'applique aussi tant aux relations avec les superpuissances économiques d'Asie qu'à la coopération de nos forces armées sous l'égide de la défense européenne ». « Comment, dans le contexte de l'après-guerre en Irak, pouvons-nous établir un rapport plus équilibré avec les Etats-Unis autrement qu'en s'efforçant à construire des positions européennes communes, comme nous avons fait sur l'Iran ? », poursuit
M. Mandelson, ajoutant que la réponse se trouve non dans une action centralisée mais dans la compréhension que tous les Vingt-sept partagent des valeurs communes. « Pour favoriser un nouvel élan à l'Europe, on doit se concentrer sur le besoin de réponses politiques collectives et progressives avant de s'engager dans un débat technocratique sur les institutions européennes », insiste le Commissaire européen, avant d'ajouter: « Il est important de juger le besoin de changement institutionnel, non dans son propre intérêt, mais sur la base des changements nécessaires pour renforcer la capacité de l'Europe à agir pour répondre aux défis partagés de la mondialisation ». M. Mandelson appelle donc les défenseurs de l'Union européenne au Royaume-Uni à y plaider pour une approche plus constructive vis-à-vis de l'Europe et invite le parti travailliste (Labour) à prendre position en ce sens aux prochaines élections nationales. « Nous mettre à l'écart de l'agenda européen ou nous isoler de nos amis européens serait désastreux », conclut-il.
Dans la même lignée, jeudi matin sur BBC 4, M. Mandelson a déploré que « le gouvernement britannique dans son ensemble n'ait pas réussi à agir contre l'anti-européanisme qui sévit encore dans des parties de la culture politique britannique et à renverser cette attitude ».
Depuis Strasbourg, le député conservateur Kamall Syed (PPE, britannique) a aussitôt réagi en appelant M. Mandelson à « poursuivre ses travaux quotidiens plutôt que de se mêler des chamailleries internes au parti travailliste ». « M. Mandelson est supposé être le Commissaire au Commerce, pas un conseiller politique du parti travailliste », a-t-il ajouté. (eh)