Bruxelles, 18/01/2007 (Agence Europe) - Le Commissaire en charge de la Justice, de la Sécurité et de la Liberté Franco Frattini a proposé le 17 janvier que les Etats membres adoptent un système d'alerte pour les enfants victimes d'enlèvement. « Il est souhaitable que, prenant exemple sur la France, les 26 autres Etats membres mettent en place un système d'alerte enlèvement », a indiqué à Paris M. Frattini, à l'occasion d'une mobilisation des « premières dames » du monde contre les enlèvements d'enfants et leur exploitation sexuelle.
Laura Bush, la reine des Belges Paola, la reine Silvia de Suède, Ludmilia Poutine et l'Egyptienne Suzanne Moubarak s'étaient réunies mercredi à l'Elysée autour de Bernadette Chirac pour appeler à une mobilisation internationale contre « un des grands fléaux de notre temps », selon l'expression du président Jacques Chirac qui les a accueillies. A cette occasion, elles ont présenté un numéro d'appel unique en Europe pour les enlèvements d'enfants, le 116 000, qui sera opérationnel dans toute l'UE d'ici l'été prochain.
Le « système d'alerte enlèvement », qui est inspiré du modèle américain, permet à la justice de diffuser le message d'alerte pendant trois heures par différents vecteurs: chaînes de télévision, stations de radio, agence de presse, panneaux à messages variables sur les autoroutes, message sonore dans les gares et les stations de métro, sites Internet d'associations de victimes. L'alerte est lancée à quatre conditions: il y a enlèvement, l'enfant est en danger, il y a des éléments concrets à diffuser et les parents sont d'accord. Selon Laura Bush, la mise en place du système américain a permis de faire passer le taux d'enfants retrouvés de 62% en 1990 à 94% aujourd'hui. « Comme les enlèvements ne connaissent pas de frontière, un tel système à l'échelle européenne serait extrêmement utile », a reconnu M. Frattini.
Le Commissaire a par ailleurs rappelé qu'il publierait fin mars une communication sur la lutte contre la cyber-criminalité qui comprendra des actions visant à renforcer la coopération opérationnelle policière pour lutter contre l'exploitation des enfants et la pédopornographie sur Internet. Il a aussi précisé être « en pourparlers avec les banques et les institutions de carte de crédit » pour généraliser à l'échelle européenne le contrôle des sites pédophiles.
La Commissaire européenne chargée de la société de l'information Viviane Reding a quant à elle plaidé pour « l'auto-régulation » des fournisseurs d'accès à Internet et des opérateurs de téléphonie mobile. Selon elle, les opérateurs de mobiles signeront le 6 février, au niveau européen, une charte pour s'engager à protéger les enfants. (bc)