Bruxelles, 18/01/2007 (Agence Europe) - Invité à défendre mercredi le « paquet énergie » du 10 janvier (EUROPE n° 9341) dans le cadre d'une conférence à Paris, le Commissaire à l'Energie Andris Piebalgs est resté inflexible quant à la nécessité d'une séparation de propriété des activités de production et de réseaux de transport d'énergie (unbundling). « Nous devons regarder ce qui se passe dans les autres pays et pas uniquement en France. L'important est de garder une perspective européenne », a-t-il affirmé, avant d'insister peu après, devant des journalistes: « Si nous agissons, nous devons agir pour l'ensemble de l'Europe, autrement, nous aurons des problèmes ». M. Piebalgs a par ailleurs estimé que l'unbundling serait plus facile à réaliser en France qu'en Allemagne où les réseaux sont privés. La France, elle, rejette totalement les deux options envisagées par la Commission, aussi bien celle d'une séparation totale de la propriété entre les fonctions de production et de transport (ownership unbundling) que l'option « ISO » (opérateur de système indépendant) qui permettrait aux opérateurs de céder la gestion tout en conservant la propriété du réseau de transport (le gestionnaire du réseau pourrait fixer le montant des investissements mais le financement serait à la charge du producteur). Intervenant lors de la conférence, le PDG d'EDF, Pierre Gadonneix a pour sa part estimé que l'absence de plainte contre l'électricien prouve qu'il n'y a pas de dysfonctionnement sur le marché français. M. Gadonneix a en outre souligné l'importance sur le plan financier que le Réseau de transport d'électricité (RTE) appartienne patrimonialement à EDF pour favoriser l'investissement. Estimant que le système français fonctionne et ne constitue en aucun cas une entrave à la concurrence et à l'investissement, le ministre français de l'Industrie François Loos veut tenter de rallier ses homologues européens à sa cause et présenter de nouvelles propositions sur l'unbundling au Conseil Energie le 15 février prochain. (eh)