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Bulletin Quotidien Europe N° 9294
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/russie

Les députés demandent une enquête internationale sur l'assassinat d'Anna Politkovskaïa et veulent que les droits de l'Homme figurent au cœur des relations entre l'UE et la Russie

Bruxelles, 25/10/2006 (Agence Europe) - Dans une résolution commune (moins le groupe IND-DEM), adoptée mercredi, le Parlement européen rend hommage au travail et aux mérites d'Anna Politkovskaïa, et demande que lumière soit faite sur son assassinat. Les circonstances troublantes qui entourent le meurtre, le 7 octobre dernier, de la journaliste russe, défenseur des droits de l'Homme et auteur de plusieurs articles et livres sur la situation en particulier en Russie, en Tchétchénie et dans le nord du Caucase, incitent le Parlement à demander aux autorités russes d'autoriser « une enquête internationale impartiale et efficace » pour « identifier et punir les responsables de ce crime marqué par la lâcheté ». Considérant que l'assassinat d'opposants politiques est devenu un phénomène alarmant dans le monde politique russe (celui d'Anna Politkovskaïa fait notamment suite à celui d'Andrei Kozlov, vice-Président de la Banque centrale de Russie, et a précédé celui d'Anatoly Voronin, directeur commercial de l'agence ITAR-TASS intervenu le 16 octobre), les députés font part de leur « plus vive inquiétude » face aux intimidations, harcèlements et meurtres systématiques dont les personnes qui ont émis des critiques à l'égard du gouvernement sont la cible. Ils enjoignent aux autorités russes d'accorder « leur entière protection aux journalistes indépendants qui dénoncent des cas d'injustices graves dans leur pays ainsi qu'aux organisations qui oeuvrent en faveur des droits de l'Homme et à leurs représentants (…) ». Un point sur lequel la Commission et les Etats membres devraient notamment insister, en adoptant « une position de principe cohérente lors des négociations pour le renouvellement de l'accord de partenariat et de coopération avec la Fédération de Russie ». La définition des relations futures de l'UE avec la Russie doit passer par un débat avec le Parlement et la société civile « afin de placer la démocratie, les droits de l'Homme et la liberté d'expression au centre de tout nouvel accord éventuel et d'instaurer un mécanisme transparent de surveillance pour la mise en œuvre de l'ensemble des clauses y figurant ». Une intransigeance rappelée par son président, Josep Borrell, lors du Sommet européen à Lahti (EUROPE n° 9291) et que le Parlement fait sienne, en estimant que toutes les institutions démocratiques doivent « s'acquitter de leur obligation morale de condamner sans plus attendre de tels crimes, montrant ainsi leur détermination à défendre les droits de l'Homme, quelles que soient les circonstances politiques ».

Enfin, observant qu'en vertu de la nouvelle loi sur les organisations de la société civile, plus de 90 organisations non gouvernementales ont dû cesser leurs opérations en Russie, le Parlement invite les autorités russes à accélérer les procédures d'enregistrement en permettant, dans l'intervalle, à ces organisations de poursuivre leurs activités. Entrée en vigueur début 2006, la loi confère aux autorités des pouvoirs accrus en matière de contrôle des ONG, Amnesty International craignant notamment à l'époque que ces dernières soient entravées dans leur action. (ab)

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