Bruxelles, 20/10/2006 (Agence Europe) - Une délégation comprenant près de 14 parlementaires européens de différents groupes politiques se rendra en Palestine du 27 octobre au 1er novembre à l'initiative de Luisa Morgantini (GUE, Italie). Celle-ci entend porter témoignage de la dégradation constante de la situation sur place pour exiger ensuite de l'UE une réaction ferme, y compris, a-t-elle annoncé au cours d'une conférence de presse, jeudi, la suspension de l'accord d'association UE/Israël.
Durant cette conférence de presse, Mme Morgantini, avec à ses côtés Raji Sourani, juriste, président du « Palestinian Center for Human Rights » et Olivier de Schutter, secrétaire général de la FIDH, a dénoncé « l'étranglement » auquel se livrerait Israël, à Gaza en particulier. Israël ne peut ignorer la réprobation européenne, a-t-elle dit, affirmant aussi que l'UE ne peut rester passive et se contenter de contribuer à une « feuille de route » vidée de son contenu par les pratiques sur le terrain. Raji Sourani regrette aussi la réaction européenne et internationale depuis les dernières élections (suspension de l'aide). « Nous avons été punis pour avoir joué le jeu démocratique » qui a abouti à l'émergence du Hamas. Le secrétaire général de la FIDH, condamnant lui aussi l'attitude européenne vis-à-vis de l'autorité palestinienne, a présenté un rapport, fruit d'une récente mission d'enquête en territoire occupé (juillet 2006) axée sur « l'impact de l'asphyxie économique ». Une de ses conclusions est que le TIM (mécanisme international d'aide) mis en place par la communauté internationale ne « paraît pas respecter les conditions » exigées par l'urgence de la situation réelle. La FIDH s'en prend ouvertement à Israël qui « rechigne à assumer les obligations qui vont de pair avec le statut de puissance occupante », créant ainsi en Palestine un « Etat défaillant dans lequel les groupes extrémistes, y compris terroristes, vont pouvoir prospérer » et menaçant ainsi encore plus la population civile israélienne. L'organisation critique aussi l'UE, pour la suspension de son appui financier direct. « Cette attitude est davantage guidée par l'idéologie que par l'appréciation pragmatique ». (fb)