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Bulletin Quotidien Europe N° 9291
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/conseil europeen informel

Dans ses relations avec la Russie, l'UE ne peut pas échanger les droits de l'Homme contre de l'énergie, souligne Josep Borrell - « Manque de progrès vers une politique d'immigration »

Lahti, 20/10/2006 (Agence Europe) - S'exprimant devant la presse vendredi matin à Lahti quelques heures avant l'ouverture du Conseil européen informel, le président du Parlement européen Josep Borrell a réitéré la position favorable du PE en faveur d'une intensification des relations entre l'UE et la Russie, mais il a aussi affirmé que « l'UE ne doit pas échanger le respect des droits de l'Homme contre l'énergie ». Dans ses relations actuelles et futures avec la Russie, y compris en matière énergétique, l'UE doit toujours prendre en compte le respect des principes démocratiques et des droits de l'Homme dans ce pays, a-t-il dit. « Or, depuis plusieurs mois, le Parlement européen constate avec préoccupation un affaiblissement de la démocratie en Russie, une augmentation du contrôle sur les médias et des difficultés croissantes pour l'opposition politique ». « Il est clair que l'Europe a besoin de la Russie, mais la Russie aussi a besoin du marché européen pour vendre son énergie. Ils ont le 'gas-flow', nous avons le 'cash-flow'. L'UE perdrait sa crédibilité si elle acceptait de marchander avec les droits de l'Homme », a affirmé le président du PE. La politique énergétique de l'UE et notamment ses futures relations énergétiques avec la Russie figuraient au centre des discussions des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE à Lahti (voir autre nouvelle).

En ce qui concerne l'innovation (le deuxième grand thème du Sommet informel de Lahti, à côté de l'énergie), M. Borrell a notamment souligné qu'il était temps de prendre des mesures concrètes, par exemple en mettant en place l'Institut européen de technologie proposé cette semaine par la Commission européenne (voir EUROPE n° 9289). « Nous avons beaucoup parlé d'innovation au Sommet de Hampton Court il y a un an (en octobre 2005, sous présidence britannique: Ndlr). Maintenant il s'agit d'agir, par exemple avec la mise en place d'un Institut européen de technologie qui soit vraiment utile, qui ne fasse pas de double emploi avec les structures existantes et qui puisse garantir une utilisation efficace des budgets qu'on destine à la recherche », a-t-il dit.

Lors de sa conférence de presse, M. Borrell a aussi soulevé d'autres points qu'il voulait aborder pendant la réunion du Conseil européen, notamment sur l'absence d'une vraie politique européenne d'immigration. « Malheureusement, je ne vois pas un intérêt réel du côté des Etats membres à avancer vers une politique d'immigration au niveau européen. Sept ans après les accords de Tampere, plusieurs décisions annoncées n'ont jamais été développées ou bien elles ont été adoptées par les institutions mais pas transposées dans la législation de beaucoup d'Etats membres », a-t-il critiqué. M. Borrell a rappelé que seulement six Etats membres ont transposé la directive sur le statut des réfugiés et seulement treize la directive sur la libre circulation et le séjour des citoyens européens et de leurs familles. « Et la directive la plus importante pour lutter contre l'immigration illégale, celle sur le retour des immigrés aux pays d'origine, est sur la table du Conseil depuis plus d'un an », a-t-il déploré. (hb)

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