Bruxelles, 20/10/2006 (Agence Europe) - L'Organisation européenne des industries transformatrices de fruits et légumes (OEITFL) se dit « choquée » de la décision de la Commission européenne d'imposer, à partir du 19 octobre, un droit antidumping provisoire de 34,2% sur les importations de fraises congelées originaires de la Chine. Ces mesures ont été prises à la demande de la Pologne, pour qui les importations de Chine mettent en danger sa propre production de fraises destinées à la transformation (EUROPE n° 8985). Les Etats membres examineront la nécessité d'imposer après six mois un droit antidumping définitif.
Dans un communiqué de presse publié le 19 octobre, l'OEITFL estime que les mesures prises par l'UE sont « injustifiées et disproportionnées ». Le droit de douane supplémentaire de 34,2% (qui s'ajoute au tarif normal actuel de 14,4%) sur les fraises congelées va entraîner une hausse des prix de toutes les fraises congelées et du produit final et ainsi réduire la compétitivité des entreprises européennes, souligne l'OEITFL. Elle précise que le fruit représente 40% des coûts des matières premières utilisées pour la fabrication des confitures.
L'industrie s'étonne que ces mesures antidumping aient été demandées uniquement par huit producteurs polonais, qui représentent moins de 30% de l'ensemble de la production de l'UE, et conteste la période utilisée par la Commission (seulement l'année 2005) pour calculer le droit antidumping mis en place. La Commission conclut que pendant l'année 2005, les importations en provenance de Chine ont augmenté de 381 %. Or, selon l'organisation, l'année 2005 ne reflète pas fidèlement la situation du marché qui fluctue d'année en année. Au cours des six premiers mois de l'année 2006, les importations en provenance de Chine ont baissé, selon l'OEITFL. Ces droits supplémentaires auront pour effet d'exclure la Chine des sources d'approvisionnement de l'industrie européenne, laquelle devra dès lors se tourner uniquement vers les fournisseurs polonais, un marché jugé instable, conclut l'organisation des industries européennes.
Le récent rapport de la Commission sur l'évolution du secteur des fruits à baies et autres fruits rouges destinés à la transformation précise que la Pologne représente environ 60% de l'approvisionnement de l'UE en fraises destinées à l'industrie (EUROPE n° 9220). Il confirme que les prix des fraises destinées à l'industrie de la transformation et des fraises congelées se sont effondrés au sein de l'UE en 2004 et en 2005, à cause de la hausse de la production communautaire et de l'augmentation des importations à bas prix en provenance de pays tiers, en particulier de la Chine. (lc)