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Bulletin Quotidien Europe N° 9269
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JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/asie centrale

Un Cahier de Chaillot conseille à l'UE une approche politique modeste mais à long terme, sans viser une stratégie globale mais en recherchant davantage de cohérence à l'égard des cinq pays concernés

Bruxelles, 20/09/2006 (Agence Europe) - Pendant une bonne partie des années 90 », la complexe et éloignée région de l'Asie centrale n'était pas sur les écrans radars de l'UE », et elle a commencé à devenir plus visible suite à l'implication des entreprises énergétiques et aux activités d'organisations internationales comme l'ONU et l'OSCE, constate Anna Matveeva, chercheuse britannique attachée à la London School of Economics, dans le Cahier de Chaillot N.91 intitulé EU stakes in Central Asia, que publie l'Institut d'Etudes de Sécurité de l'UE dirigé à Paris par Nicole Gnesotto. Cette dernière note dans la préface que, pourtant, « la plupart des défis de sécurité retenus dans la Stratégie européenne de sécurité trouvent leur incarnation, plus ou moins violente, dans les différents pays de la région » (Kazakhstan, Ouzbékistan Tadjikistan, Kirghizstan et Turkménistan). Mme Gnesotto, qui souligne que l'auteur ne plaide pas pour une stratégie globale pour ces pays, mais pour plus de cohérence dans leur traitement par l'UE (notamment grâce à la désignation d'un Représentant spécial en juin 2005 et l'élaboration par la Commission européenne d'une nouvelle Stratégie régionale pour 2007-2013), rappelle aussi qu'aucun des pays de la région n'est candidat à l'adhésion à l'UE, ce qui donne à l'Union une « très grande souplesse » dans la définition des relations bilatérales, tout en l'obligeant à développer une « réflexion politique originale ».

Anna Matveeva relève pour sa part que la région a « obtenu quelques remarquables succès en matière de paix et stabilité ». Ainsi, la guerre civile au Tadjikistan (de 1992 à 1997), « le plus brutal conflit » après l'écroulement de l'Union soviétique, s'est achevée par la signature d'accords de paix qui ont « ouvert la voie à la sécurité et à une modeste prospérité », et la région n'a pas connu « l'émergence d'un nationalisme destructeur comme dans les Balkans ou le Caucase, et les minorités, tout en ayant perdu un peu de leur statut précédent, vivent pacifiquement aux côtés des populations majoritaires ». Mais il y a eu aussi « la brutale répression » de mai 2005 en Ouzbékistan et « les turbulences au Kirghizstan après le changement du pouvoir en mars 2005 », note l'auteur, En outre, « les présidents d'Asie centrale vieillissent »¸ et il n'y a pas de mécanisme pour assurer leur succession, alors que la région est « devenue victime de la « mondialisation négative » qui se manifeste dans le trafic de drogue et la pénétration de l'idéologie de la Jihad », et elle fait aussi face à « l'idéologie islamique et aux attaques terroristes (Ouzbékistan en 1999 et 2004) » et à « la criminalité organisée, avec des liens avec la Russie, la Turquie et au-delà, ainsi qu'à la répression étatique ». Cependant, selon Anna Matveeva, dans la région il y a « une chance de renforcer les Etats islamiques modérés, qui sont bien disposés envers l'Europe, et de promouvoir l'harmonie entre l'Islam et le sécularisme dans ces sociétés. (…) La politique de l'UE en Asie centrale pourrait aussi permettre d'améliorer les liens avec la Russie et la Chine, dont l'engagement dans la région va en s'accroissant ».

Il est peu probable que les Etats d'Asie centrale aillent vers une « dynamique d'intégration régionale », et on peut aussi douter qu'ils deviennent bientôt « des économies de marché avec des liens forts avec les marchés internationaux », anticipe l'auteur, qui estime que l'UE devrait opter pour une approche politique « profil bas », mais à long terme, sans forcément lancer des initiatives de grande envergure. Actuellement, l'UE met l'accent sur « la promotion du Kazakhstan comme leader régional », constate Mme Matveeva, qui avertit: « La politique consistant à récompenser le plus riche et le meilleur élève est compréhensible, face aux reculs en Ouzbékistan. Mais l'UE ne devrait pas tomber dans le piège de remplacer la politique vers l'Asie centrale par une politique envers un seul pays ». Par ailleurs, selon elle, l'Union « ne devrait pas renoncer totalement à des « partenariats difficiles », et pourrait explorer comment réparer graduellement sa relation avec l'Ouzbékistan ». Quant au Turkménistan, elle devrait examiner les possibilités de diversifier les approvisionnements en énergie, « si et quand elles se manifestent, mais elle devrait avoir des attentes modestes à l'égard du gaz turkmène ». (Site de l'Institut: http://www.iss.europa.eu ).

 

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