Bruxelles, 15/09/2006 (Agence Europe) - Si la politique industrielle fixe les conditions structurelles nécessaires pour assurer le succès économique dans une économie globalisée, la politique de concurrence doit en être un pilier central, a revendiqué Neelie Kroes dans un discours prononcé, jeudi à la Fordham University School of Law de New York. « Des marchés ouverts, ainsi que le renoncement au protectionnisme, qui pourrait être décrit comme une politique industrielle démodée, ne sont pas seulement souhaitables mais impératifs », a lancé la Commissaire chargée de la concurrence, satisfaite de constater l'augmentation significative de fusions transfrontalières en particulier dans des secteurs libéralisés. Illustrant son propos par l'affaire E.ON/Endesa, elle a fustigé avec virulence la rhétorique du patriotisme économique démodé, dont « le langage et la mentalité sont ceux des gens d'autrefois, pas de ceux qui ont le courage de regarder devant avec un réalisme ambitieux ». Une forteresse Europe, avec des champions nationaux déterminés par les gouvernements, n'est pas soutenable à long terme, explique-t-elle, ajoutant que les réponses aux défis industriels d'aujourd'hui ne sont pas de se protéger de la concurrence, mais de « mettre en place les conditions qui permettent à l'industrie de se développer dans un environnement de plus en plus concurrentiel ». Pour Neelie Kroes, une politique industrielle moderne et proactive permettant à tous de tirer tous les bénéfices de la mondialisation, devrait s'intéresser aux « imperfections structurelles de l'économie européenne » et se baser sur ses avantages comparatifs. Les instruments de la politique de concurrence, y compris le contrôle des aides d'Etat, peuvent y contribuer en stimulant l'efficacité de la production, l'innovation et l'allocation des ressources.