Bruxelles, 15/09/2006 (Agence Europe) - Lors d'un débat avant tout marqué par les nombreuses incertitudes du dossier libanais, plusieurs députés membres de la sous-commission Défense du Parlement européen se sont prononcés, mardi 12 septembre, pour une plus forte implication de l'Union européenne. Le président de la sous-commission, le démocrate-chrétien allemand Karl von Wogau, a ouvert la discussion en constatant que l'UE a prouvé sa capacité à mener des actions communes en diverses occasions et le fait actuellement avec la force déployée en RDC, mais que le Liban montre que lorsque cela devient difficile, on observe des interventions distinctes des Etats membres. Tout en essayant de justifier cette différence entre l'opération commune en RDC et la réponse à la crise libanaise par le niveau d'urgence, le représentant de la Commission européenne, Christian Berger, a souligné l'importance des efforts de coordination et les différentes formes de soutien que les institutions et organes de l'UE ont mis en place depuis le déclenchement de la guerre. « Ce n'est pas l'Europe, ce sont les Etats membres, malheureusement » qui sont en train de renforcer la FINUL, a regretté le général Philippe Morillon (UDF) tout en saluant le travail de coordination de l'aide humanitaire. Et il est revenu sur la nécessité d'une flotte européenne en Méditerranée, à côté de la 6ème flotte américaine qui permet aux Etats-Unis de jouer un rôle important dans la région. « Nous n'avons rien, quelques bateaux (…) l'EUROMARFOR existe, il faut la développer », a-t-il dit en notant que c'est une question de volonté politique. Après avoir insisté sur la nécessité que l'Europe dispose d'un instrument de puissance dans la région, le général Morillon a estimé qu'il « serait très simple aujourd'hui de transformer en une EUFOR » la contribution des Etats membres de l'UE au renforcement de la FINUL. « Cela permettrait à l'Europe d'exercer ses responsabilités. Nous ne serions plus prisonniers des procédures à New York (…) qui nous font courir le risque d'être réduits à l'impuissance », a-t-il commenté. Plusieurs députés, comme l'Allemand Tobias Pflüger (PDS), ont dénoncé les problèmes liés au mandat de la Force et aux règles d'engagement qui sont toujours aussi faibles, voire floues (il a parlé d'une « neverending story »). Pour la socialiste portugaise Ana Gomes, qui trouve cela extrêmement dangereux, l'UE ne s'est pas suffisamment impliquée et une très forte coordination politique et militaire devrait être mise en place au niveau européen. Mme Gomes s'est aussi prononcée pour le déploiement d'une EUFOR en Palestine.