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Bulletin Quotidien Europe N° 9266
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/conseil/proche-orient

L'UE soutient la formation d'un gouvernement palestinien d'unité nationale, mais reste prudente sur la levée des mesures restrictives - Le MIT est prolongé - Vers une contribution européenne à la frontière libano-syrienne ?

Bruxelles, 15/09/2006 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont exprimé vendredi leur plein soutien à la formation d'un gouvernement palestinien d'union nationale composé du Hamas et du Fatah, mais ils préfèrent attendre le programme et la composition d'un tel gouvernement avant d'envisager une reprise des contacts et des aides européennes à l'Autorité palestinienne. En attendant, et face à la situation humanitaire « très préoccupante » dans les territoires palestiniens, les ministres ont décidé de prolonger pour une nouvelle période de trois mois le Mécanisme International Temporaire (MIT) qui permet d'acheminer une importante partie de l'aide normale de l'UE directement à la population palestinienne, sans passer par le gouvernement ou l'Autorité palestinienne. Les ministres ont aussi décidé d'examiner la possibilité d'une contribution de l'UE pour assurer la sécurité et le contrôle de la frontière entre la Syrie et le Liban, dans le cadre de la résolution 1701 du Conseil de Sécurité.

Palestine. L'annonce, le 11 septembre, d'un accord de principe entre le Président palestinien Mahmoud Abbas et le Hamas sur la formation d'un gouvernement d'unité nationale constitue une « lueur d'espoir » pour la reprise du processus de paix israélo-palestinien et est « entièrement appuyée » par l'Union européenne, a affirmé devant la presse le Président du Conseil, Erkki Tuomioja. Il a aussi expliqué que le Président Abbas avait donné à l'UE des « assurances » que ce gouvernement s'engagera à respecter tous les engagements pris dans le passé par l'OLP, « ce qui nous laisse croire que ce gouvernement d'unité nationale remplira aussi toutes les exigences du Quartette ». Outre le respect des accords et engagements existants, les critères formulés par le Quartette pour la reprise des contacts avec les autorités palestiniennes exigent aussi la reconnaissance du droit d'Israël à exister et la renonciation à la violence. Le Haut Représentant pour la Pesc, Javier Solana, a lui aussi souligné l'importance de parvenir à un gouvernement d'unité nationale en Palestine, « ce qui permettrait de replacer les pourparlers de paix israélo-palestiniens à nouveau au centre de gravité de nos préoccupations ». La Commissaire Benita Ferrero-Waldner s'est particulièrement félicitée de la décision du Conseil de prolonger le MIT jusqu'à la fin de l'année et a lancé un appel à d'autres pays donateurs à utiliser le mécanisme pour aider la population palestinienne. Elle a aussi appelé Israël à reprendre immédiatement le transfert des revenus fiscaux et droits de douane dus aux Palestiniens.

Si tout le monde appuie le principe d'une reprise des contacts et des aides européennes si un futur gouvernement d'unité nationale répond favorablement aux exigences du Quartette, des divergences (très infimes) semblent exister au sein du Conseil sur la rapidité avec laquelle ce changement de position devrait avoir lieu. La Présidence finlandaise, la France, l'Irlande, le Luxembourg, la Belgique et l'Espagne comptent parmi ceux qui voudraient renouer le plus vite possible avec le gouvernement, tandis que des pays comme l'Allemagne et le Royaume-Uni semblent plutôt réticents.

Des divergences plus sérieuses existent cependant entre l'UE et les Etats-Unis, tous les deux membres du Quartette. Ainsi, Washington a appelé l'UE à être « prudente » dans ses réflexions sur une reprise des contacts avec les Palestiniens, soulignant l'importance pour la communauté internationale de rester « unifiée » sur ce dossier. Erkki Tuomioja est conscient de ces divergences de vues, mais espère que la réunion du Quartette, la semaine prochaine à New York (en marge de l'Assemblée générale de l'ONU) « permettra d'aboutir à une vue commune de tous les membres du Quartette », a-t-il dit devant la presse.

Liban. Le Conseil a réitéré son engagement à soutenir la mise en œuvre de la Résolution 1701 du Conseil de Sécurité de l'ONU et s'est félicité des efforts faits par toutes les parties concernées, notamment l'armée libanaise et les Etats membres de l'UE. Les ministres ont aussi salué la fin du blocus maritime et aérien d'Israël et lancé un appel à la libération immédiate des deux soldats israéliens toujours capturés au Liban. Sur la base d'un document présenté par Javier Solana, les ministres ont eu un échange de vues sur les possibilités de soutenir l'armée libanaise. L'UE a aussi réitéré son engagement à aider le gouvernement libanais afin qu'il puisse faire face aux besoins et problèmes humanitaires, environnementaux et de reconstruction. Le Conseil a mandaté la Présidence finlandaise, Javier Solana et la Commission européenne de préparer un rapport sur une éventuelle contribution de l'UE à la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de Sécurité sur la frontière libano-syrienne.

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