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Bulletin Quotidien Europe N° 9235
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/soudan

L'UE et l'UA préparent le renforcement de l'AMIS et la transition vers une opération des Nations unies au Darfour en janvier 2007 - Les Etats-Unis continuent de réclamer une transition plus rapide

Bruxelles, 18/07/2006 (Agence Europe) - Alors que le Soudan n'a toujours pas donné son feu vert à une opération des Nations unies au Darfour et qu'il semble acquis pour l'ONU, comme pour l'Union africaine et l'UE, que la transition ne pourra s'effectuer qu'en janvier sur la base du dispositif de l'UA qui aura été renforcé entre-temps, les Etats-Unis continuent d'insister pour que l'opération de l'ONU débute le plus rapidement possible.

Avant d'examiner les contributions que les différents donateurs sont prêts à apporter pour permettre la poursuite de l'opération de l'UA au Darfour, la Conférence internationale organisée par l'UE, le 18 juillet à Bruxelles, a permis aux participants de discuter des aspects politiques et de sécurité. L'occasion pour le Haut représentant Javier Solana de rappeler que « la situation actuelle requiert une action immédiate » pour aider l'AMIS (la force de l'UA) à renforcer la sécurité et soutenir la mise en œuvre effective de l'Accord de paix pour le Darfour. Pour ce faire, l'AMIS doit adopter de nouvelles règles d'engagement plus robustes pour le maintien de la paix, être capable de mener des opérations de 24 heures et une surveillance proactive dans tous les secteurs, et mettre en place un quartier général d'opération conjoint. A cette fin comme pour l'entraînement des personnels, M. Solana a assuré l'UA de l'aide de l'UE. Mais il a aussi souligné que l'AMIS a besoin de l'aide des donateurs pour (1) assurer l'entraînement et le déploiement des troupes des huit unités dont la rotation est prévue prochainement, (2) améliorer ses capacités de communication et de mobilité aérienne et terrestre et (3) payer les salaires et les autres coûts courants. « Les donateurs ont déjà été généreux. Mais nous avons besoin de financer correctement l'AMIS pour cette phase finale et critique », a-t-il averti. Sur le plan politique, M. Solana a souligné que « Le Darfour est, de loin, le pire conflit en Afrique aujourd'hui. Il affecte le Soudan et touche désormais toute la région (Tchad, République centrafricaine) ». Et s'il estime qu'il n'y a pas de « sortie réaliste au conflit du Darfour sans une transition » vers une mission de l'ONU (il a dit qu'il « ne peut pas imaginer que le gouvernement du Soudan puisse continuer à s'y opposer »), M. Solana a invité les participants à aborder l'ensemble des questions politiques, y compris la consolidation de l'accord de paix, d'éventuelles sanctions contre ceux qui violent le cessez-le-feu, le désarmement des milices janjaouides, les aspects transfrontaliers et le dialogue Darfour-Darfour.

Selon Javier Solana, qui faisait le point devant la presse en début d'après-midi, ces discussions sur les questions politique et de sécurité, de même que le déjeuner avec le ministre soudanais des Affaires étrangères ont été « très positifs ». « C'est la deuxième fois que nous nous rencontrons dans ce format et nous nous rencontrerons probablement encore une fois avant la fin de l'année », a-t-il ajouté en soulignant que cela montre que « le Darfour reste en tête des priorités ». Pour Said Djinnit, le Commissaire de l'UA pour la paix et la sécurité, une priorité absolue doit être accordée à la sécurité et à la consolidation de l'Accord de paix signé à Abuja qui est encore « fragile » et qui « doit être protégé contre ceux qui voudraient le saper ». Il a indiqué que l'AMIS a besoin de 170 millions de dollars jusqu'en septembre, mais dispose déjà de la moitié de cette somme. D'ici la fin de l'année, il lui faut au moins 440 millions de dollars. Le Secrétaire général adjoint de l'ONU pour les opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, a insisté sur la nécessité de développer le processus politique et de renforcer l'AMIS dans la perspective de la transition vers une opération de l'ONU. Il a estimé que le dialogue avec le gouvernement soudanais est devenu « très constructif » et qu'il aborde maintenant des aspects « plus concrets ». Selon M. Solana, « beaucoup de choses ont été clarifiées » avec le Soudan. Tout en soulignant que « l'AMIS est un succès », le Commissaire Louis Michel a estimé que « la solution au Darfour est uniquement politique et pas militaire » et il a rappelé que 3,5 millions de personnes ont besoin d'aide au Darfour et qu'il y a plus de 200 000 réfugiés au Tchad. Il a annoncé que la Commission a débloqué, le 18 juillet, 40 millions d'euros d'aide humanitaire supplémentaire prélevée sur sa réserve, ce qui porte l'effort de l'UE à 120 millions en 2006. Elle va aussi apporter 25 millions supplémentaires à l'AMIS. La Secrétaire adjointe américaine aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, a surtout insisté pour une transition aussi rapide que possible vers une opération de l'ONU: elle a martelé que celle-ci devait initialement intervenir le 30 septembre et qu'on « ne peut plus attendre des mois ». Les Etats-Unis se sont engagés à apporter 116 millions de dollars à l'AMIS, notamment en vue d'une augmentation du nombre de troupes déployées, ainsi qu'une aide humanitaire supplémentaire.

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