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Bulletin Quotidien Europe N° 9235
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/omc/doha

Le G8 élargi aux pays émergents est déterminé à sauver les négociations - A Genève, le G6 établit un nouveau calendrier de discussions

Bruxelles, 18/07/2006 (Agence Europe) - Au lendemain de l'appel lancé au sommet de Saint-Pétersbourg par les chefs d'Etat et de gouvernement du G8 à trouver un compromis sur les modalités de libéralisation du commerce en agriculture et sur les biens manufacturés (NAMA) « d'ici un mois », les négociateurs des principales puissances commerciales à l'OMC, réunis en format G6 (Australie, Brésil, Etats-Unis, Inde, Japon, Union européenne), ont arrêté lundi soir à Genève, en présence du directeur général Pascal Lamy un nouveau calendrier pour donner un coup d'accélérateur aux négociations de Doha. A l'issue de la réunion, le chef de la diplomatie brésilienne Celso Amorim et le ministre indien du Commerce Kamal Nath ont expliqué à la presse que la réunion n'avait pas abordé le contenu des négociations, mais seulement la procédure à suivre pour parvenir, dans les prochaines semaines, à un compromis sur les modalités. Deux nouvelles réunions du G6 sont donc prévues les 23 et 24 juillet puis les 28 et 29 juillet, avec l'espoir de boucler la négociation avant fin 2006.

Pascal Lamy demande du courage politique au G8 élargi

Plus tôt dans l'après-midi, les dirigeants du G8 avaient retrouvé leurs partenaires des grands pays émergents (Afrique du Sud, Chine, Inde, Brésil et Mexique) pour discuter du commercer mondial, et en particulier pour tenter de donner un élan politique à des négociations de Doha toujours dans l'impasse. Devant le G8 « élargi », M. Lamy, qui mène des consultations intensives au plus haut niveau auprès de chacun des acteurs majeurs du round, a expliqué que, jusqu'à présent, « les balises qui ont été signalées ne permettent pas d'identifier une zone d'atterrissage » sur les trois volets d'un compromis sur les modalités, à savoir la réduction des soutiens internes aux Etats-Unis, l'accès au marché agricole de l'Union et la baisse des tarifs douaniers sur les biens manufacturés dans les pays émergents. « Il faut donc rapprocher les positions et, pour cela, que vous acceptiez de donner plus de latitude à vos ministres pour négocier », a averti M. Lamy, avant d'ajouter: « Je n'ignore pas vos difficultés politiques intérieures, mais je vous demande de prendre en compte, dans vos décisions, les risques considérables d'un échec » du round. Un échec enverrait en effet, selon lui, « un signal fortement négatif sur l'avenir de l'économie mondiale et sur les risques de résurgence du protectionnisme (...) à un moment où l'instabilité géopolitique augmente ».

Lula promet d'être plus flexible, Chirac estime avoir déjà donné assez

« Ce qui est en jeu, ce n'est pas une poignée de concessions, c'est tout l'avenir du multilatéralisme », a lancé le président brésilien Lula da Silva dans son intervention devant les leaders du G8. Prenant ses pairs de vitesse, Lula s'est dit « prêt à donner des instructions à (son) ministre responsable des négociations (M. Amorim) et à faire preuve de la flexibilité nécessaire en vue d'aboutir à un résultat ambitieux et équilibré du cycle de négociation ». « Je n'attends pas moins de mes collègues réunis ici », a-t-il ajouté. Le président français Jacques Chirac s'est, pour sa part, montré moins enthousiaste. Assurant vouloir lui aussi un accord « ambitieux et équilibré », M. Chirac avait demandé dimanche « que chacun fasse des efforts ». « Seule l'Europe a bougé (…), aux autres protagonistes de faire un mouvement, et d'abord aux Etats-Unis, par la réduction significative de leurs soutiens internes et l'élimination effective de leurs aides à l'exportation », avait-il insisté. Lundi, le Président Chirac s'est aussi montré peu enclin à modifier le mandat de négociation confié au Commissaire au Commerce Peter Mandelson par le Conseil de l'Union. « C'est aux Vingt-cinq ensemble qu'il appartient, et à eux seuls, de faire éventuellement un pas supplémentaire dans les concessions », a-t-il précisé, en ajoutant: « Les concessions européennes ont déjà été très largement faites (...) et, à mon avis, elles ne se justifient plus dans l'état actuel des choses ».

Signaux d'ouverture de Bush, regain de confiance des dirigeants européens

Le Financial Times du 18 juillet affirme que plusieurs officiels présents à la réunion de Saint-Pétersbourg ont évoqué de nouveaux « signaux d'ouverture » de la part du président américain George W. Bush lors des travaux à huis clos du sommet. Le FT ajoute que, selon plusieurs sources, le président de la Commission, José Manuel Barroso, le Premier ministre britannique Tony Blair, la chancelière allemande Angela Merkel et le président du Conseil italien Romano Prodi « ont tous exprimé leur optimisme » devant la détermination affichée par le G8 à conclure le round d'ici la fin de l'année. Pourtant, souligne le FT, durant la réunion du G6 à Genève lundi soir, il y a eu « peu de signes explicites de concessions » de la part de deux des acteurs majeurs du round, les Etats-Unis et l'Inde, les premiers réitérant leurs fortes exigences en matière d'accès au marché agricole, le second insistant sur son droit à protéger ses petits producteurs agricoles en les exemptant de baisses de droits de douane agricoles trop poussées.

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