Bruxelles, 18/07/2006 (Agence Europe) - La force de stabilisation que j'ai proposée pour le Sud Liban devrait, selon moi, être « bien plus large » que les 2000 hommes que nous y avons déjà, et j'espère qu'elle aura un autre mandat, a dit le 18 juillet à Bruxelles le Secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, lors d'une conférence de presse commune avec le Haut Représentant pour la PESC Javier Solana (il s'agit de la FINUL, déployée sur place depuis 1978: NDLR). Tout en précisant que ce mandat devra être décidé par les Nations unies, M. Annan a remarqué: une telle force devrait donner au gouvernement libanais le temps de « s'organiser et d'étendre son autorité sur tout le territoire, et de s'attaquer à la question du désarmement des milices ». Je n'ai pas seulement proposé une force de stabilisation, mais j'ai aussi dit qu'il faut « vraiment cesser les hostilités », a insisté M. Annan, qui a martelé: « Le Conseil de sécurité doit s'y mettre, il doit travailler là-dessus avec un paquet de propositions ». Le Secrétaire général a remercié Javier Solana pour s'être rendu rapidement dans la région (voir plus loin) et a noté que, à cette occasion, le Haut Représentant pour la PESC avait aussi rencontré les membres de la mission diplomatique de l'ONU dépêchée sur place. « Mon équipe » est aujourd'hui en Israël, après avoir eu des discussions « constructives » avec le Premier ministre libanais, et peut-être ira-t-elle de nouveau au Liban puis à Damas, pour faire ensuite rapport à New York, a indiqué M. Annan.
Le Secrétaire général, qui était à Bruxelles pour la conférence internationale sur le Darfour (voir autre nouvelle), a répondu aux questions de la presse aussi aux côtés du Président Barroso, qui, à cette occasion, a réitéré son appui à la fois à la mission diplomatique de l'ONU et à une future force de stabilisation. Certains pays européens m'ont déjà dit qu'ils seraient prêts à y contribuer, a signalé José Manuel Barroso. (A Saint-Pétersbourg, le Premier ministre italien Romano Prodi avait déclaré: « L'ONU a là-bas déjà 2000 hommes. Multipliés par cinq, avec une force supplémentaire de 8000 effectifs, ils devraient suffire. Il ne faut pas seulement des observateurs. Si les observateurs suffisaient, ce qui est arrivé ne serait pas arrivé »). Nous sommes aussi en train d'examiner avec quelques Etats membres la possibilité d'un « effort humanitaire » qui, « je le crains », sera nécessaire, a ajouté M. Barroso (voir EUROPE n° 9234 au sujet des 5 millions d'euros dégagés par le Commissaire Louis Michel).
Dans une déclaration à la presse après sa rencontre avec le Premier ministre libanais Fouad Siniora, dimanche, Javier Solana avait tenu à souligner qu'il venait « montrer physiquement, ici à Beyrouth, la solidarité de l'Union européenne ». « Je suis la première personne qui arrive ici au nom de la communauté internationale », a-t-il rappelé, en précisant: je n'ai pas été en Israël, « j'irai probablement dans les prochains jours ». De notre point de vue, a-t-il remarqué, « Israël devrait faire tout son possible pour ne pas entrer dans une logique de guerre, même en réaction à des actes qui sont des provocations, très difficiles à expliquer, et que nous condamnons. (…) Nous aimerions que la réponse à ce que nous considérons comme une provocation inacceptable soit conforme au droit international et au principe de la proportionnalité, et compatible avec le respect de la vie de civils innocents ». Quant au Liban, ses leaders devraient travailler ensemble, pour essayer de « récupérer la paix et la prospérité qui existaient un jour ici ». La Résolution1559 du Conseil de sécurité « décrit très clairement les éléments de liberté et de souveraineté » indispensables pour avoir « un véritable Etat au Liban », a expliqué M. Solana, en avertissant: « J'aimerais beaucoup que le gouvernement puisse appliquer pleinement la résolution. (…) Dans un Etat réellement démocratique, c'est le gouvernement qui a la responsabilité de l'usage de la force. Personne d'autre ». « Je ne pense pas que c'est juste de blâmer le gouvernement libanais. Le gouvernement dirigé par M. Siniora (…) fait beaucoup en ce moment. (…) Le gouvernement doit contrôler le territoire et toutes les fonctions. Territoire signifie tout: Nord, Sud, Est et Ouest. « Fonctions » signifie toutes les fonctions, y compris la sécurité. C'est une fonction qui, dans un pays démocratique, peut être attribuée seulement au gouvernement ».