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Bulletin Quotidien Europe N° 9235
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JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/defense

Les moyens de la PESD doivent pouvoir être utilisés en cas de catastrophe dans l'UE - L'action extérieure contribue à la sécurité interieure

Bruxelles, 18/07/2006 (Agence Europe) - C'est sur un ton un peu provocateur que le président de la sous-commission défense du Parlement européen a ouvert le 13 juillet une audition consacrée à la Stratégie de sécurité de l'UE et à l'avenir de la PESD. « Nous sommes sur la voie d'une armée européenne », a ainsi lancé le démocrate-chrétien allemand Karl von Wogau qui prépare un rapport sur la défense européenne.

La directrice générale pour les questions de défense au Conseil, Claude-France Arnould, a concentré l'essentiel de son intervention aux capacités. Après avoir insisté sur l'importance de la rapidité dans l'emploi des groupements tactiques pour des « missions à la limite du préventif », elle a souligné la nécessité de travailler sur certaines lacunes: - transport stratégique ; - mobilité sur le terrain (hélicoptères et transport tactique) ; - renseignement, y compris avec des moyens spatiaux. A ce sujet, elle a annoncé qu'un accord est prêt entre le Conseil et les pays participants à Helios II (France, Espagne et Belgique) pour permettre l'accès du centre satellitaire de Torrejón aux images fournies par Helios. L'accord devrait être situé en octobre. Mme Arnould a regretté un « décalage » entre les promesses des Etats membres au titre du catalogue de forces de l'UE et les moyens réellement mis à disposition, et a souligné la nécessité de trouver une nouvelle solution pour le financement des opérations, car dans le système actuel, plus un Etat participe à des opérations, moins il a les moyens d'investir dans de futures capacités. Un autre problème vient du refus des Etats membres d'accepter un entraînement des groupements tactiques au niveau de l'UE (qui sera pourtant leur niveau d'emploi), a constaté Mme Arnould en rappelant qu'un véritable entraînement sur le terrain permettrait de renforcer les habitudes de travail et l'interopérabilité. Elle a aussi regretté que l'on puisse actuellement utiliser les moyens de la PESD pour venir en aide aux populations en cas de séisme « à Rabat, mais pas à Nice ».

Après avoir rappelé que la PESD est une « success story » et que « le vrai problème de la PESD, c'est l'absence de politique étrangère commune », Nicole Gnesotto a estimé pour sa part que l'ajout d'une mission de défense collective aux actuelles missions de Petersberg est « une vraie question politique », mais aussi « une vraie impasse » parce que ce n'est pas négociable aujourd'hui. En revanche, il faut faire le lien entre sécurité extérieure et sécurité intérieure et « prouver l'efficacité des interventions à l'extérieur » pour la sécurité intérieure, a dit la directrice de l'Institut d'Etudes de Sécurité de l'UE (Paris). Comme Mme Arnould, Mme Gnesotto plaide pour une faculté d'utilisation des moyens de la PESD en cas de catastrophe dans l'Union mais aussi pour la protection des infrastructures contre le terrorisme dans le cadre de la sécurité intérieure (homeland security). « Il ne faut pas qu'une capacité en fasse oublier une autre », a-t-elle averti, en constatant qu'en 2007 on disposera de deux groupements tactiques, soit 3000 hommes et, que cet objectif concret semble avoir fait disparaître l'ambition antérieure de disposer d'un corps de 60 000 hommes déployable en 60 jours. Mme Gnesotto a aussi souligné que la constitution du Collège européen de défense sous la forme d'une simple addition des collèges nationaux, sans équipe ni budget, est « un défi au bon sens ». De la même façon, le démarrage de l'Agence européenne de défense avec un faible engagement des Etats membres (toutes les décisions sont non contraignantes jusqu'à présent), et un budget ridicule de 4 millions d'euros pour la recherche, n'est pas vraiment enthousiasmant. Quant au budget de la PESD, c'est « une usine à gaz absolument incompréhensible et absolument non transparente », a constaté Nicole Gnesotto en déplorant le manque de confiance entre les Etats membres et les institutions européennes, le Parlement en particulier (Source: notre publication Nouvelles Atlantiques).

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