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Bulletin Quotidien Europe N° 9221
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/social

Jacques Delors propose de réfléchir à la création d'un salaire minimum européen

Bruxelles, 28/06/2006 (Agence Europe) - Créer un salaire minimum européen: c'est une des idées suggérées par l'ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors, lors du séminaire le 28 juin à Bruxelles, sur « la dimension européenne » de la Nouvelle Europe sociale. L'objectif de cette initiative, lancée l'année dernière par le Parti des Socialistes européens (PSE), est de permettre à l'Europe du 21ème siècle de faire face aux défis liés à la mondialisation en liant solidarité et compétitivité, ont rappelé mercredi devant la presse le président du PSE, Poul Nyrup Rasmussen, et l'ancienne Commissaire européenne aux Affaires sociales, Anna Diamantopoulou (voir EUROPE n°9110). Pour cela, les travaux sont répartis en trois forums: « Pour une société active », « Pour une société inclusive » et « La dimension européenne », présidée par Mme Diamantopoulou. Le rapport final sera présenté au Congrès du PSE à Porto en décembre.

Devant la presse, Jacques Delors, qui dirige le projet avec M. Rasmussen, a présenté ses pistes de réflexion, évoquées auparavant devant ses collègues, pour « renforcer la dimension sociale de la construction européenne ». Selon lui, il faut notamment « imaginer de nouveaux minima sociaux, une sorte de salaire minimum européen » qui serait « proportionnel au niveau de développement de chaque pays » membre de l'Union européenne. Une idée qui, estime M. Delors, doit impérativement et en premier lieu être débattue par les partenaires sociaux. L'ancien président de la Commission a d'ailleurs également insisté sur la nécessité de relancer le dialogue social en critiquant le peu d'intérêt de l'Unice, le syndicat des patrons européens, sur ce point. « Il faut que le patronat accepte de renouer le dialogue social », notamment sur des sujets comme l'idée d'un salaire minimum européen ou encore la formation permanente, a-t-il déclaré. Jacques Delors invite aussi à réfléchir sur le rôle de la politique européenne de cohésion économique et sociale, un rééquilibrage entre l'économique et le monétaire car « l'euro protège (…) mais il ne dynamise pas » la croissance économique, et l'immigration. La crise que traverse actuellement l'Union européenne est « plus politique qu'économique et sociale », a conclu M. Delors en appelant les chefs d'Etat et de gouvernement des Etats membres de l'Union européenne à « raisonner européen ».

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