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Bulletin Quotidien Europe N° 9189
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/siege unique

Des parlementaires européens s'activent pour faire de Bruxelles le siège unique de leur institution

Bruxelles, 10/05/2006 (Agence Europe) - Les récents démêlés avec la ville de Strasbourg concernant le rachat de deux bâtiments utilisés pendant les sessions plénières offrent du grain à moudre aux partisans du siège unique du Parlement à Bruxelles (EUROPE n° 9181). En appelant directement aux citoyens européens, la plate-forme Campaign for Parliament Reform (CPR) lancée par des parlementaires européens de plusieurs groupes politiques ouvre un site Internet (http://www.oneseat.eu ) afin de recueillir le soutien de ceux qui souhaitent mettre un terme à la transhumance mensuelle entre les deux villes. Même si le Traité constitutionnel est loin d'être adopté, les députés participant à la Campagne espèrent que la Commission acceptera de reconnaître par anticipation le droit de pétition inscrit dans le texte (article 47) et sera sensible à cette première initiative citoyenne, intéressante du point de vue institutionnel et démocratique, mais délicate sur le plan politique. Selon les députés, si cette démarche réunira les signatures d'un million de citoyens européens, la Commission devrait inscrire la question à l'ordre du jour. Les députés rappellent au passage que Margot Wallström, Commissaire chargée des relations institutionnelles et de la stratégie de communication, a plusieurs fois signifié qu'elle pourrait soutenir l'idée d'une initiative citoyenne même sans ratification du Traité constitutionnel. Le site Internet qui vient d'être lancé a recueilli un peu plus de six mille signatures, a indiqué mercredi devant la presse son initiatrice, Cecilia Malmström (ADLE, suédoise), qui espère atteindre le million « avant la fin de l'année ».

Récurrente, la remise en cause du siège du Parlement à Strasbourg, qui est garanti par les Traités, n'a jamais abouti à un résultat concret. Il s'agit pourtant d'une « question qui a déshonoré l'UE depuis longtemps, avec ses camions pleins de caisses appartenant aux parlementaires et avec les dépenses énormes » que cela implique, a fustigé Mme Malmström. Se prévalant elle aussi du caractère citoyen de la démarche, Piia-Noora Kauppi (PPE-DE, finlandaise), membre de la CPR, a jugé: « c'est l'opportunité pour les citoyens de partager leurs pensées et leurs opinions: ils souhaitent une institution efficace et responsable, ce qui n'est pas possible si nous poursuivons cette ridicule et coûteuse migration mensuelle ». Et de reconnaître cependant qu'il s'agit aussi d'un « jeu de force institutionnel stratégique entre le Parlement et le Conseil ». Lui emboîtant le pas, le Président de cette campagne, Alexander Alvaro (ADLE, allemand), estime que « si l'argent des contribuables est gaspillé à cause d'un compromis à huis clos entre Etats membres, nous devons faire tout ce que nous pouvons pour faire comprendre aux gouvernements qu'il ne s'agit pas de l'Europe que nous voulons à l'avenir ». J'ai un « énorme respect pour le symbole » de paix que représente la localisation du Parlement à Strasbourg, a néanmoins expliqué Malmström, qui admet que la question est « délicate ». A ce stade, « nous n'avons pas de projet concret à proposer au gouvernement français » en échange de Strasbourg, dit Mme Malmström, qui reconnaît tout de même qu'il faudrait « substituer le Parlement européen avec quelque chose de permanent et d'important ». Et d'évoquer l'idée d'un institut technologique ou d'une université pour occuper les locaux laissés vacants (formule pour laquelle M. Alvaro plaide depuis des mois).

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