Bruxelles, 10/05/2006 (Agence Europe) - Les pays membres de l'UE ne coopèrent pas assez avec les agences de coopération policière et judiciaire en matière pénale, a regretté le 10 mai devant la presse le Commissaire européen Franco Frattini. « Le flux d'informations est encore insuffisant », affirme M. Frattini dans une lettre adressée aux ministres de l'Intérieur et de la Justice des 25 ainsi qu'au président de la commission des libertés publiques du Parlement européen. Cela concerne en particulier la coopération avec Europol et Eurojust.
Le même jour, la Commission a proposé que les Etats membres renoncent à leur veto en matière de coopération policière et judiciaire et d'immigration légale (voir autre nouvelle). La proposition, qui devrait être présentée de manière détaillée fin juin, fera l'objet d'une première discussion à la mi-septembre, sous présidence finlandaise, à l'occasion de la réunion informelle des ministres de la Justice et des Affaires intérieures à Turku.
A l'occasion d'une conférence de presse réunissant mercredi la ministre autrichienne de l'Intérieur Liese Prokop, le coordinateur européen de lutte anti-terroriste, Gijs de Vries et le président de la commission des libertés publiques du PE, Jean-Marie Cavada (ALDE, français), M. Frattini a souligné que la lutte contre le terrorisme était « une priorité » pour les citoyens européens et qu'il était donc important pour l'Europe d'obtenir « plus de résultats ». M. Frattini a regretté que les Etats membres ne soient pas parvenus jusqu'à présent à faire avancer plusieurs dossiers importants comme le mandat d'obtention des preuves, la coopération policière transfrontalière et les normes minimales communes sur les garanties procédurales pénales (EUROPE n°9183 et 9184). Le coordinateur européen de lutte anti-terroriste, Gijs de Vries, a vanté quant à lui les bienfaits de la coopération entre Etats, citant le mandat d'arrêt européen qui est à ses yeux « un bon exemple mettant en valeur la capacité de l'UE à porter les terroristes devant la justice ». Selon lui, cet outil de coopération « montre que l'Europe a une valeur ajoutée ». M. Cavada a souligné pour sa part la nécessité d'appliquer la clause passerelle (qui permet de passer du troisième pilier, intergouvernemental, au premier, communautaire) afin, dit-il, de « rattraper le retard accumulé ». Et d'ajouter: « Quand on n'avance pas, ce sont nos adversaires qui avancent ». La ministre autrichienne de l'Intérieur, en sa qualité de présidente du Conseil, a insisté sur la nécessité pour l'UE de « dialoguer avec les cultures et les religions » et sur « l'importance » de discuter avec l'ensemble de ses partenaires, citant par exemple le dialogue lancé les 4 et 5 mai à Vienne entre l'UE, les Etats-Unis, et la Russie (EUROPE n° 9186) ainsi qu'avec les pays du voisinage, dont les Balkans (EUROPE n° 9187).