Bruxelles, 10/05/2006 (Agence Europe) - Accompagnés des Commissaires Benita Ferrero-Waldner (Relations extérieures), Peter Mandelson (Commerce), Louis Michel (Développement) et du Président de la Commission, José Manuel Barroso, les 25 chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne, avec en chef de file, le chancelier autrichien et président du Conseil européen Wolfgang Schüssel, et leurs 33 homologues d'Amérique latine et des Caraïbes participeront du 11 au 13 mai à Vienne au 4ème Sommet UE-Amérique latine et Caraïbes consacré au renforcement du partenariat stratégique bi-régional. Sont notamment attendus, du côté sud-américain, les présidents Nestor Kirchner (Argentine), Evo Morales (Bolivie), Luis Ignacio Lula da Silva (Brésil), Michelle Bachelet (Chili), Vicente Fox (Mexique), Ramon Vasquez (Uruguay) et Hugo Chavez (Venezuela), le seul absent de marque étant le président cubain Fidel Castro. Une réunion au niveau des ministres des Affaires étrangères et un Sommet des affaires auquel participeront plus de 200 chefs d'entreprise, banquiers et décideurs politiques sont prévus en marge du Sommet qui sera complété de réunions bilatérales et régionales au plus haut niveau. Par ailleurs, des représentants dans le domaine de la coopération et du développement de 7 pays d'Amérique centrale (Belize, Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panama et République dominicaine) ont participé le 10 mai à Vienne, aux côtés de représentants de l'UE et des bailleurs de fonds internationaux, au Forum sur l'harmonisation et l'adaptation, pour débattre des mesures visant à améliorer la coordination des projets de développement régionaux et de l'aide au développement.
S'inspirant des conclusions du Sommet de 2004 à Guadalajara (Mexique), les questions de la promotion de la cohésion sociale, des droits de l'homme, des processus d'intégration régionale et du multilatéralisme seront au menu des discussions du 4ème Sommet UE/ALC. Européens et Latino-Américains feront en outre le point sur le développement du partenariat entre les deux régions initié en 1999. Le Conseil de l'UE a réaffirmé le 28 février son attachement à un partenariat stratégique renforcé avec le continent sud-américain (EUROPE n° 9141), prévoyant notamment d'intensifier le dialogue politique entre les deux régions, de stimuler les échanges économiques et commerciaux, de favoriser l'intégration régionale, de lutter contre les inégalités et d'adapter les politiques d'aide et de développement de l'Union aux conditions réelles en Amérique latine. « Nous, Européens, ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour dégager la route qui doit nous mener vers un partenariat plus étroit, mais nous attendons de nos homologues qu'ils fassent preuve de la volonté politique nécessaire pour surmonter de leur côté les obstacles qui subsistent », avertit toutefois Mme Ferrero-Waldner dans un communiqué.
Avec, en ligne de mire, la récente nationalisation des gisements d'hydrocarbures boliviens décidée par le gouvernement d'Evo Morales et appréhendée avec préoccupation en Europe (EUROPE n° 9183), ainsi que la multiplication des déclarations « anti-impérialistes » du président vénézuélien Hugo Chavez (à la tête d'un pays disposant de fortes capacités d'exportations pétrolières), les questions commerciales et énergétiques auront une place importante dans les discussions. Notons que M. Chavez participera vendredi aux manifestations d'un forum alternatif qui se tiendra en marge du Sommet.
La Commission européenne espère en particulier que le 4ème Sommet UE/ALC confirmera la relance, intervenue en septembre dernier (EUROPE n° 9020), des négociations pour un accord d'association et de libre-échange entre l'Union et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), négociations qui restent toutefois clairement suspendues à la conclusion du Round de Doha.
En outre, en fonction de l'évolution des processus d'intégration régionale en cours en Amérique centrale et dans la Communauté andine des nations (CAN), le sommet se prononcera sur la possibilité d'ouvrir des négociations pour la conclusion d'accords d'association comprenant des zones de libre-échange. Si la Commission s'attend à l'ouverture de négociations d'accords d'association avec les pays d'Amérique centrale (Belize, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panama, République dominicaine et Salvador), l'heure est au pessimisme concernant l'ouverture des négociations avec la Communauté andine (Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou), dont l'intégration régionale est menacée d'éclatement après le récent retrait du Venezuela de M. Chavez, qui cherche à intégrer son pays au Mercosur.
Ce Sommet sera aussi l'occasion pour l'Union de démontrer la valeur qu'elle attache à ses relations avec les Etats des Caraïbes qui, en lançant un projet de Marché et d'économie unique, ont franchi un cap important pour leur processus d'intégration régionale. Une proposition de la Commission visant à mettre sur pied une nouvelle stratégie pour les Caraïbes et promouvant un partenariat fort en matière de développement, lutte contre la pauvreté, démocratie, droits de l'homme et sécurité internationale, a été adoptée par le Conseil en avril dernier.