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Bulletin Quotidien Europe N° 9186
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/europe-puissance

Didier Donfut n'est pas favorable à une force militaire autonome de l'UE

Bruxelles, 05/05/2006 (Agence Europe) - Lors d'une conférence intitulée "Europe, puissance tranquille?" et organisée notamment par l'Institut Royal des Relations Internationales (IRRI) et le Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (GRIP), divers intervenants de la sphère politique et du monde académique ont présenté, jeudi 4 mai, leur vision du rôle de l'UE en tant qu'acteur international. Ainsi Zaki Laïdi, professeur à Sciences Po, a expliqué que la difficulté de l'UE à s'exprimer en tant que puissance vient du fait qu'elle n'est pas un Etat. Elle ne pourrait dès lors s'imposer sur la scène internationale qu'en y introduisant une forme de "gouvernance par la norme", alors que la logique d'autres puissances comme la Chine et l'Inde continue de résider dans une gouvernance mondiale exercée par les Etats. Qualifier cette puissance en gestation de "tranquille" ne fait déjà plus de sens pour les partenaires de l'UE au sein de l'OMC car, rappelle Zaki Laïdi, "l'Europe a des intérêts" autant que des valeurs à défendre. Mais, pour lui, "l'UE ne peut pas être un "hard power" parce qu'elle n'est pas le garant ultime de sa sécurité".

Le directeur général des affaires extérieures et politico-militaires auprès du secrétariat du Conseil de l'UE, Robert Cooper a commencé son intervention en soulignant que par rapport à la situation actuelle de l'Europe, le meilleur livre à lire est "Le Prince", écrit par Machiavel au moment où l'Italie, confrontée à diverses puissances européennes, devait encore réaliser son unification. Tout en reconnaissant que "la force est moins efficace que par le passé" (il a cité l'exemple de l'Irak), Robert Cooper a souligné que "dans une crise, on a besoin de la force". Cette force qui pourrait contribuer à une montée en puissance de l'Europe n'est pas vraiment du goût de Moscou. C'est du moins ce qu'a laissé entendre l'ancien ambassadeur de l'Union soviétique et de la Fédération de Russie auprès de l'UE, Vladimir Shemiatenkov, en affirmant que "l'UE est actuellement une puissance tranquille" qui rencontre "beaucoup de sympathie en Russie" et il faudrait donc qu'elle le reste.

En concluant la première journée de travaux, le secrétaire d'Etat belge aux Affaires européennes a aussi constaté que l'épithète " tranquille" rassure. Pour Didier Donfut, "l'Europe est un jeune espace de démocratie qui avance step par step" et qui va devoir "consolider sa force diplomatique, notamment avec un service de l'action extérieure". L'UE doit aussi se doter d'une "capacité de défense de son modèle économique et social". Lui faut-il une force militaire ? "Ce n'est pas la philosophie de l'UE", répond Didier Donfut en ajoutant que confronté à une crise, "on aura toujours d'autres partenaires dans le monde qui voudront en même temps que nous se lever". Et il ajoute: "Une force militaire autonome compliquerait les choses".

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