Bruxelles, 05/05/2006 (Agence Europe) - La Commission européenne a décidé la levée, depuis le 3 mai, de l'embargo sur le bœuf britannique instauré en mars 1996 au plus fort de la crise de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). Cette décision intervient après l'avis favorable, rendu début mars, du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale (EUROPE n° 9147). La France, qui était, avant la crise de la vache folle, le premier pays de l'UE importateur de bœuf britannique, a publié le 3 mai le décret national sur la levée définitive de ses mesures d'interdiction de viande bovine britannique.
Le Royaume-Uni est désormais autorisé à reprendre ses exportations de bovins vivants nés après le 1er août 1996, date à laquelle l'UE avait décrété l'interdiction des exportations d'aliments pour animaux à base de farine de viande et d'os. En revanche, les bovins nés avant cette date ne peuvent en aucune circonstance entrer dans la chaîne alimentaire dans l'UE. Quant à la viande des dérivés carnés de bœuf britannique, elle pourra être exportée dans les mêmes conditions que les autres Etats membres, uniquement si elle est produite après le 15 juin 2005.
Avant de solliciter l'avis des experts de l'UE en mars dernier, la Commission avait proposé la levée de cet embargo en septembre 2005, à la suite d'un rapport de l'Office alimentaire et vétérinaire (OAV) montrant que le nombre de cas d'ESB au Royaume-Uni était passé sous le seuil annuel des 200 cas par million d'animaux. Selon les chiffres de la Commission, les cas d'ESB au Royaume-Uni ont chuté de 32.280 lors du pic de la maladie en 1992 à 224 en 2005, dont la majorité sur des bovins nés avant 1996.
L'embargo sur le bœuf britannique avait été décidé en mars 1996, au plus fort de la crise de la vache folle. Le 20 mars 1996, le gouvernement britannique avait reconnu l'existence d'un lien « possible » entre l'ESB, apparue au Royaume-Uni en 1986, et l'apparition d'une nouvelle forme de la maladie humaine de Creutzfeldt-Jakob. Plus de 150 cas de la nouvelle forme de cette maladie ont été recensés dans le monde, dont 140 au Royaume-Uni. Reste que le retour du bœuf britannique dans les assiettes des citoyens des autres pays de l'UE devrait être lent. Les producteurs britanniques espèrent une production de l'ordre de 140.000 tonnes de viande, dont l'essentiel devrait être utilisé dans le pays. En effet, durant toutes ces années d'embargo, le Royaume-Uni a dû s'approvisionner à l'extérieur, notamment en Irlande, pour combler son manque de viande issue de vaches de réforme. De plus, quelque 200.000 têtes de jeunes veaux pourraient être exportées par le Royaume-Uni vers les autres Etats membres, en vue de leur engraissement.