Bruxelles, 04/05/2006 (Agence Europe) - Dans un discours donné jeudi à Wolfsberg (Suisse), le Commissaire au Commerce Peter Mandelson a exposé ses priorités pour la politique commerciale de l'Union de l'après-Doha round. « La politique commerciale de l'Union se trouve à l'intersection de deux défis - les réponses internes et externes de l'Europe à la mondialisation », a-t-il expliqué avant de présenter les grandes lignes de l'agenda communautaire - pour le reste de l'année 2006 et au-delà - en matière de politique commerciale. Celui-ci « se concentre sur les dures priorités économiques et adapte notre réflexion aux réalités et aux défis de la mondialisation », a souligné M. Mandelson avant d'inviter la Commission européenne à faire preuve de « leadership pour pousser au changement, même si cela est douloureux ».
Rappelant qu'une conclusion heureuse du round de Doha restait sa « priorité suprême »,
M. Mandelson a assuré que l'Union aurait, au-delà des négociations en cours sur la libéralisation du commerce mondial, « une approche résolue et inflexible pour garantir l'ouverture des marchés et l'application en toute transparence des règles internationales » régulant le commerce mondial. Pour ce faire, le Commissaire au Commerce a promis d'adopter « une nouvelle approche stratégique sur l'accès du marché » (un document stratégique de la Commission examinant comment l'Union peut renforcer sa compétitivité externe devrait voir le jour à l'automne) qui reconnaisse la nécessité de réaligner la politique commerciale de l'Union pour qu'elle prenne en compte la croissance rapide des économies asiatiques. Dans ce contexte, l'UE continuera à pousser pour la suppression des barrières tarifaires mais également la réduction des barrières non tarifaires et l'ouverture des marchés des services, a poursuivi M. Mandelson, prévenant toutefois que, si elle est effectivement « une course », l'ouverture des marchés ne devait pas être une « course folle (…) à n'importe quel prix ».
Défendant les règles antidumping comme une nécessité dans le monde globalisé pour garantir la confiance dans le commerce loyal et protéger les entreprises européennes de la concurrence déloyale, M. Mandelson a par ailleurs souligné la nécessité que « de telles règles soient adaptées à la complexité des marchés globaux, aux structures changeantes de production et des échanges, où les fabricants européens peuvent concurrencer les distributeurs européens qui ont externalisé leur production, et où les consommateurs et les autres fabricants s'attendent aux bénéfices d'un choix plus large et des prix inférieurs ». Le Commissaire européen a, à ce sujet, indiqué qu'il lancerait une réflexion formelle sur l'utilisation des mesures antidumping, probablement au courant du deuxième semestre de cette année.
Enfin, M. Mandelson a assuré que les relations avec la Chine seront au premier plan de l'agenda commercial de l'Union après l'achèvement du cycle des négociations de Doha. « La Chine représente le défi le plus important posé par la mondialisation dans le domaine commercial », a-t-il souligné avant de poursuivre: « L'Europe doit considérer la Chine correctement, aussi bien comme menace que comme opportunité et partenaire pour l'avenir ». M. Mandelson a annoncé pour cet automne une communication de la Commission qui analysera l'impact de la Chine sur l'économie globale et la manière dont l'UE doit y répondre. La politique commerciale vis-à-vis de Beijing devra, selon lui, cibler les défis majeurs que sont le respect des droits de propriété intellectuelle, l'accès au marché et les possibilités d'investissement.