Bruxelles, 02/05/2006 (Agence Europe) - Le Commissaire Jan Figel, en charge de l'éducation, de la culture et du multilinguisme, a notamment abordé mardi après-midi avec les députés de la commission de la culture et de l'éducation au Parlement européen la question des perspectives financières et de l'Institut européen de technologie.
Perspectives financières : remerciant le Parlement pour son appui aux programmes éducation, culture, jeunesse - qui a permis, selon lui, d'augmenter la dotation financière pour 2007-2013 par rapport à l'accord du Conseil européen de décembre (800 millions d'euros supplémentaires ont été notamment accordés aux programmes pour l'apprentissage tout au long de la vie) - le Commissaire a estimé qu'il s'agissait là de « véritables améliorations » et d'un message très positif. Evoquant le processus législatif en cours pour rendre les programmes effectifs dès 2007, il a indiqué que la Commission européenne allait adopter un paquet de propositions modifiées après le vote du Parlement prévu le 17 mai prochain.
Stratégie annuelle : contribuer à rétablir la confiance des citoyens dans l'Union européenne et les institutions, et rendre celles-ci plus efficaces sera l'un des objectifs majeurs auxquels la DG Education et culture veut s'atteler. M.Figel a ainsi indiqué qu'il allait préparer, pour le mois de septembre, une recommandation sur les moyens de rendre l'Europe plus conviviale pour le citoyen.
Institut européen de technologie : l'idée de créer un Institut européen de technologie a été lancée en février 2005, dans le cadre de la relance de la stratégie de Lisbonne, a rappelé le Commissaire Figel, qui a parlé d'une « mise en réseau » des centres existants pour promouvoir l'excellence en Europe: « Il existe des centres d'excellence mais ils ne sont pas suffisamment reliés » pour avoir un impact positif sur l'économie, a-t-il remarqué. Cet Institut devra fonctionner de manière transparente, avec un maximum de flexibilité, et avec un effet d'entraînement des instituts existants. Quant à son financement, les fonds ne devront pas venir uniquement des caisses européennes, mais aussi des Etat membres eux-mêmes, des régions et des institutions publiques. A propos de l'avancement des travaux de mise en place de l'institut, M. Figel a dit avoir participé mardi matin à une réunion de consultation avec des responsables du monde de la recherche et des milieux académiques après des discussions, lundi, avec des représentants des Etats membres. Il a assuré avoir bien compris le message du Sommet de printemps qui a demandé à la Commission d'établir une feuille de route pour le mois de juin, en vue de publier une proposition finale à la fin de l'année. « Une fois qu'on sera lancé sur cette voie, les choses devraient être en place vers 2009-2010 », a-t-il espéré. Admettant qu'il restait encore de nombreuses questions quant au financement de l'Institut et des droits de propriété intellectuelle, le Commissaire a préconisé « une attitude ouverte et constructive », en rappelant le scepticisme qui avait accueilli au départ le programme Erasmus, un programme dont le succès n'a cessé de se confirmer depuis sa mise en œuvre en 1987 et qui est « l'image de ce que l'on peut réaliser en partant de rien », a-t-il commenté.
La satisfaction du Commissaire à propos de l'augmentation du budget pour les programmes éducation n'a pas été partagée par tous les députés. « Il reste beaucoup de plaintes et de déceptions (…). C'est un énorme problème pour beaucoup d'instituts qui devront stopper leur travail », a déploré la sociale-démocrate autrichienne Christa Prets. « Il n'y a rien de plus pour la culture et la jeunesse. On ne peut pas être optimiste lorsque les problèmes persistent », a ajouté la Verte allemande Helga Trüpel, qui critique les montants qui continuent à être versés pour le volet agricole. Quant au socialiste français Guy Bono, il estime tout bonnement que c'est « un mauvais compromis ». Seule Doris Pack (PPE-DE, allemande) s'est montrée indulgente, se réjouissant d'avoir pu obtenir, en fin de compte, un supplément d'argent. « Bien sûr, on a obtenu beaucoup moins que ce que l'on souhaitait, je le reconnais, mais par rapport à décembre il y a eu une amélioration marquée », a insisté Jan Figel, qui espère la contribution d'autres ressources financières pour les programmes en question, notamment via le Fonds social européen. A propos de l'Institut européen de technologie, M. Bono a évoqué les craintes de l'Association des universités européennes (EUA) que cet institut ne provoque pas la synergie espérée mais, au contraire, davantage de fragmentation. Les universités craignent en outre un « écrémage » des chercheurs employés actuellement dans les centres d'excellence, a-t-il dit, en estimant: « Il existe encore de nombreuses questions » à régler. Mme Pack s'est réjouie de l'idée de mise en réseau des centres de recherche actuels, et la socialiste espagnole María Badía i Cutchet a visiblement été séduite par l'idée de créer un Institut européen de technologie, un projet auquel elle promet son appui, tout en demandant davantage d'informations sur sa structure, son fonctionnement et son financement. Répondant aux questions, M. Figel a assuré que le financement de l'institut ne se ferait pas au détriment des instituts existants. Le désir de synergie vise un objectif d'excellence, « où tout le monde trouvera son compte », avec une collaboration du monde de la recherche, de l'éducation et du monde des affaires, a-t-il ajouté. Quelques députés, comme le socialiste espagnol Enrique Barón Crespo, ont exprimé leur crainte qu'il n'y ait pas d'exemption du secteur culturel lors des négociations de Doha sur la libéralisation des biens et des services, en dépit de l'adoption de la Charte sur la Diversité culturelle de l'Unesco, sous la houlette de la Commission (à qui a été confiée la tâche de défendre l'exemption culturelle à l'OMC au nom de l'Union européenne: NdlR). Les mandats pour cette négociation n'ont pas été modifiés, a indiqué M.Figel, ajoutant que la position de l'Union européenne en matière culturelle avait toujours été et resterait visible tant en ce qui concerne la directive « services » qu'à l'OMC.