Bruxelles 02/05/2006 (Agence Europe) - Karel van Miert, un des six coordonnateurs pour les réseaux transeuropéens de transports (RTE-T), a appelé les Etats membres à faire preuve de plus de sérieux, à l'avenir, dans le choix des projets prioritaires visant à développer les RTE-T. « Il faut que les gouvernements soient plus sérieux pour le prochain exercice » lors de la sélection des projets prioritaires, a-t-il estimé le 2 mai, devant la commission transport du Parlement européen. Pour M. Van Miert, il faut « que tout projet soit examiné préalablement par la Banque européenne d'investissement (…). Il ne faut pas seulement que le projet soit intéressant dans un contexte particulier », comme ce fut le cas notamment du fameux pont de Messine, qui doit relier la Sicile à l'Italie continentale et dont la présence dans la liste des 30 projets prioritaires, sélectionnés en 2004, avait été fortement critiquée. « C'était une grande priorité pour le gouvernement (italien) sortant et apparemment pas pour le nouveau gouvernement » italien, a expliqué M. Van Miert qui, rappelons-le, a présidé le Groupe de Haut niveau chargé de préparer la sélection des 30 projets prioritaires. Venu présenter l'état d'avancement du projet n°1 dont il est le coordonnateur (l'axe ferroviaire qui doit relier Berlin à Palerme), M. Van Miert a fait preuve d'un optimisme inhabituel sur la possibilité de réaliser le projet malgré l'enveloppe budgétaire restreinte qui sera affectée aux RTE-T. Le compromis trouvé entre le Parlement européen et le Conseil sur le cadre financier 2007-2013 « permet d'avancer » même si « le montant reste limité » et à condition de se concentrer sur les sections transfrontalières, a-t-il expliqué. Un optimisme pas toujours partagé par les députés. « Je peux vous assurer que vous ne tiendrez pas l'échéance de 2015», lui a rétorqué le vert allemand Michael Cramer selon qui « il faudra au moins vingt ans pour réaliser » les 30 projets prioritaires sélectionnés.