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Bulletin Quotidien Europe N° 9183
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/afrique australe

Tous les pays de la SADC - y compris l'Afrique du Sud - demandent à négocier en bloc un accord commercial avec l'UE - La négociation des APE en serait chamboulée

Bruxelles, 02/05/2006 (Agence Europe) - Alors que sont en cours les négociations visant la conclusion d'accords de partenariat économique (APE) entre l'UE et deux zones d'intégration régionale d'Afrique australe, une initiative commune des pays de la SADC (Southern African Development Community) vient modifier la donne.

Pour la première fois, tous les pays de la SADC - y compris l'Afrique du Sud - ont demandé à négocier avec l'UE un espace commercial unique dans le cadre de la SACU (Southern African Customs Union) - l'Union douanière d'Afrique australe qui rassemble les quatre pays les plus développés de la région (Afrique du Sud, Botswana, Lesotho, Namibie et Swaziland). Cette demande, formulée formellement le 7 mars à la Commission, n'a pas encore donné lieu à une réponse officielle, mais risque de bouleverser tout l'agenda des négociations commerciales avec l'Afrique australe.

En effet, jusqu'à présent, seule l'Afrique du Sud était liée à l'UE par un accord bilatéral de commerce, de développement et de coopération, négocié de main de fer par les autorités sud-africaines, conclu en 1999 et entré en vigueur en 2000 en vue d'établir dans les 12 ans une zone de libre-échange. Ce sera chose faite en 2012.

Les autres pays d'Afrique australe négocient des APE au titre de l'Accord Cotonou. Sept pays de la SADC (Botswana, Lesotho, Namibie, Swaziland, Angola, Mozambique et Tanzanie) sont engagés dans cette négociation à laquelle l'Afrique du Sud ne prend part qu'à titre d'observateur. Les six autres pays négocient dans une autre configuration (l'Afrique de l'Est et australe - ESA).

La révision en cours de l'accord bilatéral avec l'UE et le piétinement dans la négociation des APE, censés être conclus à la fin de 2007, ont été mis à profit par les pays de la SADC pour demander de regrouper la négociation des APE dans le cadre de la SACU, avec la participation de l'Afrique du Sud. Resterait à trouver une formule pour associer les pays les moins avancés que sont l'Angola, le Mozambique et la Tanzanie, et à définir la différenciation dans le traitement de pays membre de la même union douanière mais dont les niveaux de développement ne sont pas comparables.

Selon une source proche de la Commission, « cette proposition mérite réflexion. Elle présente comme principale nouveauté d'intégrer l'Afrique du Sud et comme principal avantage de simplifier l'intégration régionale et le cadre des négociations. Mais la Commission n'a pas encore défini sa stratégie sur tous les points qu'elle soulève ». La Commission européenne et la SADC devraient en discuter lors d'une réunion prévue à la mi-mai.

« L'hypothèse d'un accord unique pour un espace unique bouleverse l'agenda de la DG Commerce. C'est quasiment le mandat de la Commission qu'il faut revoir. Car nous aurons désormais, en face de l'UE un bloc avec l'Afrique du Sud dans le jeu», estime Patrick Sevaistre, directeur de l'antenne bruxelloise d' ESIPP (EU SADC Investment Promotion Programme), un programme de la Commission européenne doté de 18 millions d'euros sur cinq ans pour l'appui direct au développement du secteur privé des quatorze pays membres de la SADC et pour le développement des investissement nationaux et étrangers dans cette région qui représente 220 millions d'habitants et 200 milliards de dollars de PNB. « Les entreprises directement concernées, en tant que bénéficiaires, ont décidé de s'inviter dans les négociations. L'ESSIP profite de cette volonté d'aller de l'avant pour travailler à la constitution d'une plate-forme (un business forum) pour permettre aux entreprises intermédiaires de l'UE et d'Afrique australe de parler d'une même voix et de faire pression sur les négociateurs afin que les négociations soient porteuses de nouvelles opportunités d'investissements. C'est la première fois, et c'est en train de marcher », ajoute-t-il satisfait que cette « opération pionnière qui donne plus d'importance au point de vue des acteurs », soit suivie de près par la Commission.

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