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Bulletin Quotidien Europe N° 9172
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/conseil developpement

Les Etats membres s'accordent sur le concept de programmation commune de l'aide européenne, sur une base volontaire - 300 millions d'euros pour la facilité pour la paix en Afrique - débat exploratoire sur migration et développement

Bruxelles, 11/04/2006 (Agence Europe) - Le feu vert unanime donné par les ministres du Développement de l'UE aux propositions de la Commission pour améliorer l'efficacité de l'aide européenne (communication « Renforcer l'impact européen: un cadre commun pour l'élaboration des documents de stratégie par pays et la programmation pluriannuelle commune »: voir EUROPE n° 9143) et leur accord pour prélever 300 millions d'euros sur le Fonds européen de développement (FED) afin de refinancer la Facilité pour la paix en Afrique sur trois ans (2008-2010), sont les avancées majeures du Conseil Développement qui s'est tenu le 11 avril à Luxembourg. Louis Michel, Commissaire au développement et à l'aide humanitaire, qui s'est battu pour convaincre les Etats membres de l'opportunité de s'engager, par des mesures concrètes, en faveur d'une cohérence, d'une harmonisation et d'une coordination accrue de la politique d'aide au développement de l'UE, était ravi, à l'issue de la session. Devant la presse, il a salué l'accord du Conseil sur la « toute nouvelle notion » de la programmation commune. « Les Etats membres sont près à entrer progressivement dans une programmation commune, sans obligation. Nous demandons aux Etats membres de participer à l'analyse des besoins, pour savoir qui peut faire quoi, ce qu'il faut faire, qui a une valeur ajoutée. Nous voulons associer les Etats membres et la Commission en amont. Mais pas seulement. Nous voulons aussi essayer d'associer d'autres donateurs. Et nous disons que celui qui doit assurer la coordination, c'est le pays partenaire lui-même », a-t-il expliqué.

En marge de la session, le Commissaire a confié à EUROPE que les conclusions adoptées sur ce point par le Conseil étaient à ses yeux le succès de la session. « Un grand pas vient d'être franchi pour la convergence, l'harmonisation, la cohérence. Nous avons obtenu gain de cause sur ces trois objectifs Je suis très content. Cela n'a pas été facile. Le débat a été franc et vigoureux », a-t-il reconnu. La partie, en effet, n'était pas gagnée, car les pays scandinaves (Danemark, Suède, Finlande) qui sont parmi les Etats membres les plus généreux en matière d'aide publique au développement étaient au départ réticents à toute coordination à l'échelle de l'UE, se montrant davantage intéressés par le cadre plus large des institutions internationales (Nations Unies, Banque mondiale). « Les pays scandinaves ont finalement permis que, pour les besoins de cette programmation conjointe, la Commission puisse prendre des initiatives comme celle de créer des fonds - par exemple un fonds pour l'énergie, sur le modèle du Fonds BEI pour le financement des infrastructures en Afrique » (lancé en février dernier: NDLR), a ajouté le Commissaire. Louis Michel s'est également félicité de la décision, adoptée sans débat, concernant l'allocation pour la Facilité pour la Paix. « C'est un élément essentiel car il n'y a pas de développement sans stabilité, pas de développement sans sécurité. Certains critiquent le fait que des fonds du développement soient dépensés pour la sécurité. Moi, je n'ai pas de crise morale. Il est important que des moyens soient mobilisés pour ouvrir la voie vers l'humanitaire, comme au Darfour, par exemple ».

Le débat qu'ont eu les ministres sur le thème « migration et développement », a, permis au Conseil d'évoquer des pistes à explorer, notamment: - la nécessité de donner aux Etats partenaires les capacités de mieux gérer les flux migratoires chez eux: « En Afrique, par exemple, la migration est surtout intra-africaine, et les pays ont un approche défensive, coercitive », a souligné Louis Michel ; - la reconnaissance que la « vraie réponse au problème des migrations est une politique de développement offrant des perspectives » ; - la nécessité de s'attaquer au problème de la « fuite des cerveaux » par le financement de missions de consultance ou d'expertises pour de jeunes diplômés ou formés (dans le domaine médical, par exemple) afin de faciliter leur retour dans leur pays d'origine ; - l'opportunité d'établir un visa permanent pour la diaspora qui craint de ne plus pouvoir retourner dans son pays d'origine ; - l'utilisation de l'argent de la diaspora à des fins de développement. Devant les ministres, Louis Michel a plaidé pour une bonne préparation de la conférence de Rabat qui devrait conduire au Sommet UE/Union africaine, dont il espère qu'il pourra se tenir à la fin de l'année.

La question des migrations et du développement sera l'un des thèmes de discussion du Conseil conjoint ACP-UE qui se tiendra en Papouasie-Nouvelle-Guinée (Port Moresby, 1er et 2 juin). Les ministres ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique) chargés des questions d'asile, de migrations et de mobilité se réunissent pour la première fois, en Conseil le 13 avril à Bruxelles, pour discuter du lien entre les migrations et le développement durable des pays ACP. Leurs travaux devraient déboucher sur l'adoption d'une déclaration et d'un plan d'action pour la concrétiser.

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