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Bulletin Quotidien Europe N° 9105
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/avenir de l'europe/constitution

La Présidence autrichienne veut provoquer un « changement climatique » pour dégeler le débat et formuler les « questions d'avenir » - Le vice-chancelier autrichien réclame un nouveau texte pour la Constitution et la renationalisation de certaines politiques (dont la PAC)

Vienne, 09/01/2006 (Agence Europe) - La Présidence autrichienne veut « dégeler » le débat sur la Constitution européenne et parvenir à un consensus des Vingt-cinq sur la formulation des « questions fondamentales » pour l'avenir de l'Europe, affirme la ministre autrichienne des Affaires étrangères et présidente du Conseil Affaires générales, Ursula Plassnik. « Le débat sur la Constitution et l'avenir de l'Europe est, en ce moment, sous une couverture de neige, dans l'attente du printemps. Nous avons donc besoin d'un changement climatique pour le revitaliser et le rendre plus concret. Nous devons passer de l'auto-analyse à l'auto-thérapie », a dit Mme Plassnik à un groupe de journalistes européens, le 8 janvier à Vienne. La Constitution européenne ne doit être qu'un seul aspect de débat plus large sur l'avenir de l'Europe, un débat qui doit aller au-delà des problèmes juridiques posés par le « non » français et néerlandais au Traité constitutionnel, a estimé la ministre. La présidence souhaite que les 25 pays membres commencent à « formuler et énumérer les vraies questions fondamentales», des questions qui devraient aussi inclure celles de la finalité de l'intégration européenne, des frontières extérieures de l'UE, des structures institutionnelles ou de la participation démocratique. Ces derniers mois, on a essayé d'« éviter » de poser ces questions, « mais si nous ne commençons pas à poser ces questions maintenant, comment voulons-nous, un jour, donner les réponses requises?», explique Mme Plassnik.

Ursula Plassnik a cependant averti qu'il serait irréaliste d'attendre des « miracles » de la Présidence autrichienne, qui n'a pas encore décidé comment guider et organiser ce débat, et ne sait pas à quels résultats concrets il pourrait aboutir d'ici le Conseil européen des 15 et 16 juin. « Le débat est ouvert. Le fait que de plus en plus de propositions soient lancées un peu partout (comme, par exemple, celle de la chancelière allemande Angela Merkel d'annexer un protocole social au projet de Constitution) est pour moi une indication qu'il existe dans les Etats membres une disponibilité à avoir cette discussion maintenant. Nous verrons dans les prochains mois à quoi ça va nous mener. Impossible de dire à ce stade comment le débat évoluera et à quels résultats nous pourrions aboutir. Tout ne dépendra pas de la présidence. Elle n'a pas de potion magique ». Mme Plassnik a cependant indiqué que Vienne allait agir à trois niveaux: - engager dans une « grande conversation européenne » avec les citoyens, les Etats membres, les institutions européennes, les parlements nationaux et les intellectuels ; - faire des progrès tangibles et concrets dans les dossiers socio-économiques et de sécurité qui touchent directement au « modèle de vie européen » et aux intérêts quotidiens des citoyens; - améliorer la visibilité de l'UE et mieux expliquer aux citoyens ce que l'UE fait et pourquoi elle le fait.

La politique d'élargissement fera sans aucun doute partie du débat sur l'avenir de l'Europe « et, dans ce contexte, je m'attends aussi à une discussion sur les frontières de l'Europe », a indiqué Mme Plassnik. On sait que le Conseil européen de décembre 2005, au moment où il a décidé d'octroyer le statut de pays candidat à l'Ancienne République yougoslave de Macédoine (Arym), a convenu de tenir en 2006 un débat de fond sur la future stratégie d'élargissement. Ce débat devrait être entamé encore au cours du premier semestre.

Entre-temps, le vice-chancelier autrichien (et ministre des Transports, de l'innovation et de la technologie) Hubert Gorbach a demandé que le texte de Constitution européenne soit fondamentalement modifié et réécrit afin de renforcer le principe de la subsidiarité au profit des régions et de renationaliser certaines politiques communautaires, à commencer par la Politique agricole commune (Pac). « L'UE a atteint une taille géographique et institutionnelle qui n'est plus gérable avec les moyens disponibles. Cela provoque évidemment des irritations et du scepticisme chez les citoyens. Pour cette raison, nous avons besoin d'une restructuration institutionnelle et d'une reformulation substantielle de l'Union européenne, ainsi que d'une renationalisation de certaines politiques communautaires. L'UE ne devrait réglementer que ce qui apporte une valeur ajoutée supranationale. Nous devons donner plus d'importance au principe de la subsidiarité », a déclaré M. Gorbach devant le même groupe de journalistes européens, le 8 janvier à Vienne. « Afin de pouvoir introduire ces changements, nous avons besoin d'un nouveau texte pour la Constitution », a-t-il insisté. Le texte rejeté par les Français et les Néerlandais contient « certaines bonnes idées qui doivent être reprises » (comme le renforcement des pouvoirs du Parlement européen), mais la répartition des compétences entre Etats membres et l'UE doit être entièrement revue afin de renforcer le principe de subsidiarité, estime M. Gorbach, qui veut une « Europe des régions ». Cette nouvelle répartition rapprocherait la prise de décision aux citoyens et aiderait ainsi à rétablir leur confiance dans l'UE, estime aussi le vice-chancelier (qui appartient au BZÖ, le nouveau mouvement politique créé par des anciens membres du FPÖ, qui est le partenaire de coalition de l'ÖVP de Wolfgang Schüssel). Rappelons que des élections législatives doivent avoir lieu en Autriche en automne.

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