Bruxelles, 09/01/2005 (Agence Europe) - Dans le contexte du différend tarifaire gazier opposant la Russie et l'Ukraine qui s'est traduit par une baisse momentanée des livraisons de gaz à l'Union européenne les 1er et 2 janvier derniers et a aggravé la préoccupation de l'UE pour sa dépendance énergétique (EUROPE n° 9101 et 9102), le ministre autrichien de l'Agriculture et de l'Environnement Josef Pröll a décidé d'inscrire le Plan d'action pour la biomasse adopté par la Commission le 7 décembre dernier (EUROPE n° 9084) à l'ordre du jour du Conseil Agriculture des 23 et 24 janvier (voir autre nouvelle sur les priorités de la Présidence autrichienne en agriculture). « Suite à l'augmentation alarmante du prix du pétrole et, maintenant, au différend gazier entre la Russie et l'Ukraine, il est désormais clair que l'Union doit prendre des mesures afin de diminuer sa dépendance vis-à-vis des importations en énergies fossiles », estime M. Pröll dans un communiqué. En lançant « sans délai » les discussions à ce sujet, le Plan d'action « Biomasse » pourra être adopté et mis en œuvre rapidement », ajoute le Président du Conseil, avant de souligner la « responsabilité » de l'Autriche, « en tant que grand utilisateur de sources d'énergie alternatives », de « faire avancer les choses pour l'Europe ». Selon le ministre autrichien, « l'Europe est capable, dans les quatre prochaines années, au moins de doubler sa consommation de biomasse à des fins énergétiques ».
En 2003, 69 millions de tonnes de la consommation énergétique en Europe provenaient de la biomasse. La Commission européenne estime que les mesures proposées dans son Plan d'action devraient permettre de porter la quantité de biomasse utilisée à plus de 150 millions de tonnes équivalent pétrole d'ici 2010 sans accroître l'intensité de l'agriculture ou altérer la production alimentaire communautaire. Ces mesures devraient aussi permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 209 millions de tonnes d'équivalent CO2 et de créer 250 000 à 300 000 emplois. En outre, les investissements dans le domaine de la biomasse pourraient dynamiser les investissements dans les technologies environnementales et sécuriser la position leader de l'Europe au niveau international.
Selon M. Pröll, l'utilisation de matières premières renouvelables devrait concerner non seulement le chauffage domestique mais aussi l'électricité et les carburants. Pour lui, l'énergie nucléaire n'est pas une alternative. « L'Europe doit se doter d'une combinaison intelligente et équilibrée de sources d'énergie plutôt que d'investir largement dans des nouvelles méga-centrales nucléaires », estime ainsi le ministre autrichien, avant de conclure: « en plus de mettre en évidence les questions non résolues en matière de sécurité nucléaire, la crise gazière a aussi démontré les problèmes que crée une forte dépendance vis-à-vis d'une seule option. Il serait judicieux que l'Europe se dote d'un mix énergétique durable et respectueux de l'environnement ».