Bruxelles, 09/01/2006 (Agence Europe) - La Commission européenne doit adopter le 10 janvier de nouvelles mesures de protection contre la grippe aviaire, depuis la confirmation de la présence, en Turquie orientale, du virus H5N1 hautement pathogène de la grippe aviaire qui y a fait deux victimes (EUROPE n°9103). Le Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale a donné le 9 janvier un avis favorable à la proposition d'interdire les importations de plumes non traitées originaires de six pays voisins des zones turques touchées par la grippe aviaire (Azerbaïdjan, Arménie, Géorgie, Syrie, Iran et Irak).
L'UE complète ainsi son dispositif de lutte contre la propagation de la grippe aviaire. Les importations en Europe de viande et de tous les autres produits à base de volailles en provenance de ces pays sont déjà interdites depuis octobre 2005. Aucune mesure supplémentaire n'a été décidée vis-à-vis de la Turquie, déjà visée par un embargo sur ses exportations de plumes, d'oiseaux vivants et de produits issus de la volaille. La Commission a précisé que l'équipe d'experts envoyée conjointement par l'Organisation mondiale de la Santé et l'Union européenne avait commencé ses travaux le 9 janvier. Ces spécialistes doivent analyser la situation épidémiologique sur place et aider les autorités turques à y faire face. Le 9 janvier, douze personnes étaient traitées en Turquie contre la grippe aviaire et le virus semblait s'étendre à l'ensemble du territoire. Après avoir reçu les résultats de tests pratiqués dans le laboratoire de référence de l'UE situé à Weybridge au Royaume-Uni, la Commission a annoncé, le 7 janvier, la confirmation de la présence du virus H5N1 de la grippe aviaire sur la volaille infectée dans l'est de la Turquie, la même région que celle où les deux adolescents (porteurs aussi de ce virus) sont décédés. Se voulant rassurante, la Commission a rappelé, qu'à ce jour, aucun cas de grippe aviaire hautement pathogène n'a été détecté dans l'UE. Depuis octobre dernier, quelque 25.000 oiseaux ont été testés, et tous les tests se sont révélés négatifs, a précisé un porte-parole de la Commission. La Commission a estimé le 9 janvier qu'Ankara avait pris les « mesures nécessaires » contre la propagation de la grippe aviaire en Turquie. Elle ne se joint donc pas aux critiques qui, en Turquie, ont dénoncé une mauvaise gestion de la crise par les autorités. Les commentaires de la Commission font écho à ceux du chef d'une délégation d'experts de l'OMS qui, le même jour, a loué les efforts des responsables turcs pour endiguer la maladie.