Vienne, 09/01/2006 (Agence Europe) - Notre semestre de présidence du Conseil de l'UE s'articulera en deux phases, celle allant jusqu'au Sommet de printemps (23 et 24 mars) consacré à la croissance et l'emploi, et celle qui aboutira au Conseil européen des 15 et 16 juin qui devra donner des indications sur l'avenir de l'Europe, a dit le Chancelier Schüssel à la presse après la traditionnelle réunion de travail entre la nouvelle présidence du Conseil et la Commission européenne, qui s'est déroulée le 9 janvier à Vienne (voir autres nouvelles). A plusieurs reprises, aussi bien le Chancelier autrichien que le Président de la Commission ont établi un lien entre l'amélioration du « contexte » (ce qui intéresse le plus les citoyens: performance économique de l'UE, rôle des « machines à créer de l'emploi » que sont les PME, éducation, a dit Wolfgang Schüssel) et le « texte » de la Constitution européenne (qui « n'est pas morte, mais n'est pas en vigueur », a constaté le chancelier). Nous avons aussi décidé de demander à l'ancien ministre français des Affaires étrangères et ancien Commissaire européen Michel Barnier de présenter pour le Sommet de juin une « étude sur comment améliorer la gestion civile des crises, qui fait aussi partie du modèle européen, de notre manière de vivre », a annoncé M.Schüssel.
Notre travail sur l'avenir de l'Europe, a précisé M.Schüssel, commencera avec la conférence des 27 et 28 janvier à Salzbourg (voir EUROPE N.9101), se poursuivra avec la réflexion au sein du Conseil Affaires générales (qui sera chef de file), avec une grande conférence sur la subsidiarité et, en mai, avec une grande discussion avec les citoyens. Ce mardi, Ursula Plassnik sera à Paris, et mercredi à La Haye, a rappelé par ailleurs le Président du Conseil européen. Nous attendons des « impulsions » de la part de la Commission européenne pour le Sommet de juin, a affirmé M.Schüssel, en insistant: la question à poser est de savoir «quel modèle d'avenir nous voulons, comment nous voulons vivre » en Europe, et la Constitution n'est qu'un élément de cette discussion. M.Schüssel a exhorté tous les Etats membres à participer activement à ce débat, en avertissant: nous ne voulons pas de « nouvelles lignes de division dans l'UE ». Questionné sur l'idée de Guy Verhofstadt de bâtir une sorte de noyau d'Etats autour de l'euro, M.Schüssel a répliqué: le débat est ouvert, mais chacun doit pouvoir apporter sa vision et ses aspirations, et nous devons aussi intégrer les citoyens dans ce débat. L'actualité récente montre concrètement la valeur ajoutée que peut apporter l'Europe, estime le chancelier autrichien, qui cite l'approvisionnement en énergie (qui sera un grand thème du Sommet de printemps) ou la lutte contre la grippe aviaire (dont le Conseil discutera le 23 janvier: voir autre nouvelle).
« Je crois réellement que 2006 peut et doit être l'année d'un nouvel élan » pour l'Europe, a lancé lors de la même conférence de presse José Manuel Barroso, qui s'est montré très satisfait que la Présidence autrichienne ait sollicité une contribution de la Commission européenne sur l'avenir de l'Europe. Nous présenterons un calendrier, une « feuille de route, un programme pour l'avenir », a précisé M.Barroso, en notant que le financement futur de l'UE fait aussi partie de ce programme d'avenir (la Commission a été invitée à présenter des propositions à ce sujet en 2008-2009, a-t-il rappelé). Comme le Chancelier autrichien, le Président de la Commission européenne a estimé qu'il faut maintenant changer le « contexte » plutôt que « regarder de manière obsessionnelle le texte » de la Constitution, même s'il a reconnu que des problèmes institutionnels existent, et qu'il faut les régler (le Chancelier Schüssel a remarqué à ce propos qu'il avait accepté la Constitution européenne, parce qu'elle est meilleure que « Nice, qui est un traité très compliqué »). Et, comme le Chancelier Schüssel, le Président Barroso a plaidé: « de grâce, évitons de nouvelles divisions à propos des institutions ». M. Barroso, qui avait commencé par présenter ses vœux de bonne année en allemand, s'est dit convaincu qu'on pourra maintenant obtenir « un changement de climat dans l'opinion publique ». Bien sûr, a-t-il affirmé par ailleurs, il faudra demander au Président Chirac comment évolue la situation en France, mais tout le monde devra s'exprimer, tous les 25, « ou plutôt les 27 », parce que Roumanie et Bulgarie vont adhérer bientôt à l'UE.