Strasbourg, 13/12/2005 (Agence Europe) - En adoptant mardi, à main levée et sans décompte nominal, le rapport de Diana Wallis (ADLE, britannique), le Parlement a refusé à l'élu français du Front National Bruno Gollnisch, le bénéfice de son immunité parlementaire dans le cadre de poursuites de la justice française pour des propos tenus lors d'une conférence de presse le 11 octobre 2004 à Lyon. Le rapport, qui note que les propos de M. Gollnisch « ont été interprétés comme une remise en cause des crimes contre l'humanité commis par le régime national-socialiste », fonde surtout sa décision sur le fait que M. Gollnisch « n'usait pas de sa liberté d'expression ''dans l'exercice de ses fonctions'' de député européen ». La veille, au cours du débat, M. Gollnisch n'avait trouvé de soutien qu'auprès de membres de son parti. Pour justifier le refus de défendre l'immunité de M. Gollnisch, Diana Wallis explique que les circonstances dans lesquelles il a utilisé les termes incriminés ne « permettent pas de dire qu'il utilisait son mandat de parlementaire européen ». Au nom du groupe PPE-DE, la Française Roselyne Bachelot s'est exclamée: « Je n'ai aucune haine à votre égard, pas plus que je n'ai envie de vous accompagner en tant que parlementaire dans cette épreuve que vous avez décidé de provoquer en parfaite connaissance de cause ». L'immunité n'est pas faite pour protéger le député européen mais l'intégrité du Parlement à travers ses représentants qui, dans le cadre de leurs fonctions, « doivent bénéficier d'une immunité directement liée à l'exercice de leur mandat », a-t-elle noté, en constatant que M. Gollnisch avait tenu ses propos à Lyon « loin de sa circonscription du nord-est de la France et ne s'était pas exprimé en tant que député européen », Maria Berger (PSE, autrichienne) a invité Bruno Gollnisch à venir constater dans sa circonscription l'existence des chambres à gaz à Mauthausen. Estimant que M. Gollnisch ne s'était pas prononcé en tant que député européen, Adeline Hazan (PSE, française) a jugé qu'en « bon élève de Jean-Marie Le Pen, M. Gollnisch a tenté d'égaler son maître », mais que « la liberté d'expression ne saurait justifier l'intolérable ». L'élue du Front National Lydia Schenardi a en revanche dénoncé un rapport qui, selon elle, est un « scandale » et une « hypocrisie », dans le fond comme dans la forme.