Bruxelles, 07/12/2005 (Agence Europe) - Les « scénarios catastrophes » d'une migration massive de travailleurs des nouveaux pays membres vers les anciens Etats de l'UE ne se sont pas produits, et « il était injuste de les lier à l'élargissement », a déclaré mardi le Commissaire à l'élargissement Olli Rehn devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale française. « Où sont passés les scénarios catastrophes qui ont hanté les nuits de nos citoyens? Le maçon espagnol et le plombier polonais, corvéables et bon marché, allaient submerger nos marchés du travail; le contribuable européen allait devoir payer toujours plus; les institutions européennes seraient paralysées; nos entreprises iraient s'installer en masse dans des pays sans contraintes sociales, aux salaires ridiculement bas. Ces craintes se sont avérées largement infondées », a lancé M. Rehn. Le Commissaire a aussi réfuté l'argument selon lequel les délocalisations de certaines industries sont le résultat de l'ouverture des frontières vers l'Europe centrale et orientale. « Les délocalisations ont, en réalité, débuté il y a vingt ans, avec l'essor de la mondialisation, bien avant l'adhésion des pays d'Europe centrale et orientale ». M.Rehn a aussi souligné que « l'élargissement ne fera pas exploser le budget communautaire et nos institutions continuent de fonctionner à 25 - même s'il eût été bien entendu préférable d'avoir un Traité constitutionnel qui injecte plus d'huile dans les rouages et donne un nouvel élan à notre projet commun ». Il n'en demeure que les craintes des citoyens à l'égard des élargissements successifs sont réelles et qu'il faudra en tenir compte, mais « l'Union ne peut abandonner ses responsabilités en Europe ». « Des engagements ont été pris envers les Balkans occidentaux et la Turquie, à qui nos chefs d'Etat et de gouvernements ont proposé une perspective d'adhésion.. Cette perspective a joué un rôle moteur dans leurs réformes démocratiques. Leur fermer la porte maintenant serait, bien sûr, irresponsable », a estimé le Commissaire. Cependant, les critères d'adhésion devront être strictement respectés par tous les candidats, a-t-il souligné. Et de conclure: « L'élargissement n'est pas une histoire à l'eau de rose. Il comporte sa part de risques, bien sûr. Mais c'est un projet qui, préparé avec rigueur, apporte un « plus » indéniable à notre Union: plus de paix, plus de droits de l'homme, plus d'opportunités en termes de croissance et d'emplois. Plutôt que d'en faire le bouc émissaire des difficultés du moment, sachons en faire une formule gagnante pour notre Europe ».