Bruxelles, 07/12/2005 (Agence Europe) - Le groupe de haut niveau mis en place en octobre 2004 pour étudier les possibilités de connexion des réseaux de transports de l'UE et de 26 pays voisins, a présenté le 7 décembre son rapport final à la Commission (EUROPE n° 9031 et 9033). L'enjeu des travaux et des discussions menés depuis un an entre les 53 pays impliqués (UE25, Roumanie, Bulgarie et 26 pays voisins) et les trois institutions financières internationales (BEI, BERD et Banque mondiale) est explicité par le titre du rapport « Des réseaux pour la paix et le développement », mais il s'agit surtout, pour Loyola de Palacio, présidente du groupe de haut niveau, de donner un contenu concret à la politique de voisinage de l'UE grâce à des réalisations communes.
Le groupe a ainsi identifié cinq axes transnationaux principaux (autoroute de la mer, axe du nord, axe central, axe du sud-est et axe du sud ouest), sur lesquels se concentreront les efforts de coopération et le financement. Les projets qui ont été sélectionnés sont ceux qui « contribuent le plus à promouvoir les échanges internationaux, et ils permettent la coopération et l'intégration régionale », souligne le rapport. La liste énumère les projets visant à aligner l'axe sur les réseaux transeuropéens de l'UE, les projets présentant un intérêt à court, moyen ou long terme, et les projets sur des axes mutlimodaux d'intérêt régional ou national. Le coût total des projets est estimé aujourd'hui à 45 milliards d'euros, dont 35 devront être débloqués d'ici 2020. Alors que les Etats membres peinent à parvenir à un accord sur les perspectives financières 2007-2013, ce rapport devrait, selon Mme de Palacio, apporter un « cadre de rationalité », permettant d'envisager d'autres sources de financement que les fonds européens pour la politique de voisinage, comme les investissements des Etats membres dans le cadre de la coopération bilatérale, les prêts des institutions financières internationales, le partenariat public-privé (grâce à l'instrument de garantie récemment proposé par la Commission) ou les jumelages et le parrainage. Les projets sélectionnés devraient en outre assurer une rentabilité rapide et des avantages évidents pour les investisseurs privés.
La mise en oeuvre des mesures sera coûteuse, et il faudra surtout une grande volonté politique, a reconnu Mme de Palacio. Cependant, le rapport détaille un certains nombre de « mesures horizontales » qui peuvent être lancées dès maintenant pour fluidifier les échanges en supprimant les obstacles physiques, administratifs, techniques ou linguistiques, et dont le coût de réalisation est très faible. Il s'agit, par exemple, de partager des postes de contrôles, de s'accorder sur les horaires d'ouverture des douanes, le voltage des lignes et l'écartement des voies ferroviaires, d'appliquer les conventions internationales pour utiliser des documents communs, ou encore d'utiliser l'anglais comme lingua franca, en l'absence d'une langue commune.
Le rapport sera présenté par Mme de Palacio et le Commissaire Barrot à la réunion ministérielle de Marrakech, qui rassemblera les 15 et 16 décembre les ministres des Transports de la région méditerranéenne et de l'UE, à l'occasion du 10ème anniversaire du processus de Barcelone, en vue d'adopter un « livre bleu » pour le développement des systèmes régionaux de transport.
La Commission présentera en outre au printemps 2006 une communication sur les perspectives d'extension des réseaux aux pays voisins, à partir des conclusions du groupe de haut niveau (le rapport et la carte des 5 grands axes peuvent être consultés sur le site de la DG TREN: http: //europa.eu.int/comm/ ten/transport/external_dimension/index_fr.htm ).