Strasbourg, 30/09/2005 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté le 29 septembre une résolution sur la défense de la multiethnicité en Voïvodine, dans laquelle il condamne le « harcèlement et les attaques physiques contre des personnes n'appartenant pas à l'ethnie serbe et les menaces à l'encontre de dirigeants politiques de l'ethnie hongroise ». Les autorités de Serbie et Monténégro doivent « reconnaître le caractère criminel » de ces violences, dit le Parlement, qui demande des consultations régulières avec la Commission et le Conseil afin de surveiller la situation sur le terrain, en tenant compte en particulier des principes énoncés dans l'Accord de stabilisation et d'association UE/Serbie et Monténégro (au cours du débat, le membre hongrois du groupe ALDE Istvan Szent Ivanyi a estimé que, si nécessaire, il faudrait envisager la suspension du processus de négociation de de l'Accord de stabilisation). Le Parlement invite par ailleurs la Serbie et Monténégro à rétablir l'autonomie dont la Voïvodine bénéficiait jusqu'en 1990, ainsi que les « véritables pouvoirs du parlement régional de Voïvodine dans le domaine de l'éducation et des médias », et appelle l'UE à suivre de près l'évolution sur place, notamment en y envoyant des observateurs dans le cadre d'une Mission de surveillance de l'Union.
Au cours du débat, la démocrate-chrétienne allemande Doris Pack, présidente de la délégation du PE pour les relations avec l'Albanie, la Bosnie et Herzégovine et la Serbie et Monténégro, a martelé: « La Voïvodine était pour la région un modèle de cohabitation entre nations différentes », et l'Union européenne doit faire le nécessaire pour rétablir cette situation. Plusieurs députés, notamment hongrois, y compris Zsolt Becsey (PPE-DE), sont intervenus dans le même sens.
Le Commissaire européen Laszlo Kovacs (lui-même hongrois) s'est félicité de l'intention du Parlement européen de tenir le 13 octobre une audition sur cette question, tout en soulignant la complexité de la situation sur place. Comme plusieurs orateurs intervenus, il a reconnu que les autorités de Serbie et Monténégro ont condamné ces graves incidents, mais qu'elles ont souvent été « négligentes » dans leurs enquêtes. En même temps, il a estimé que ces incidents ne sont pas le résultat d'une politique délibérée, mais de tensions entre des populations déplacées souffrant des conséquences des guerres des dernières années dans les Balkans.