Bruxelles, 09/09/2005 (Agence Europe) - L'association européenne de l'industrie pharmaceutique (EFPIA) s'est félicitée du vote émis par le Parlement européen sur le dossier des médicaments à usage pédiatrique (EUROPE n°9022) qui n'a pas suscité la même satisfaction chez les fabricants de génériques. Dans un communiqué, l'association qui les représente (EGA) regrette l'adoption d'un incitant fixe de six mois.
Devant la presse, mercredi à Strasbourg, Françoise Grossetête a rappelé qu'elle s'était battue pour être rapporteur sur ce dossier, après avoir été le rapporteur du Parlement sur les médicaments orphelins et sur la révision de la législation pharmaceutique. « J'en avais très envie », a-t-elle avoué, animée à la fois par la «volonté de servir les enfants » et d'encourager la recherche en Europe. Nous avons environ 100 millions de jeunes de moins de 18 ans, et il ne s'agit donc pas d'une affaire qui concerne « un infime pourcentage de notre population », a-t-elle souligné, en constatant: nous sommes très en retard sur les Etats-Unis (où il y a une centaine de médicaments pédiatriques), aussi sur le Canada, « et si les enfants européens doivent dépendre de la recherche américaine ou asiatique, ce n'est pas très glorieux pour l'Europe ». Il fallait donc, constate le rapporteur, une incitation à l'industrie pharmaceutique européenne, qui est constituée aussi de nombreuses PME et n'est pas seulement la « grande » industrie (« heureusement que nous en avons encore une ! », a lancé la parlementaire). Mme Grossetête était particulièrement satisfaite que la plénière l'ait suivie dans sa proposition d'accorder à l'industrie une prolongation de la protection pour une durée fixe de six mois. L'industrie aurait préféré douze mois, d'autres collègues proposaient une durée variable, trois mois plus trois, ou quatre mois, en fonction du volume des ventes, mais cela risquait d'être « totalement inapplicable », et d'ailleurs l'Agence européenne des médicaments nous a dit qu'elle ne serait pas en mesure d'effectuer les contrôles nécessaires, a expliqué Mme Grossetête. Le rapporteur a aussi tenu à indiquer que les associations de parents avaient joué un « rôle important »: nous avons rencontré des parents d'enfants malades « très sensés, très raisonnables », et aujourd'hui la plénière a été elle aussi « beaucoup plus raisonnable qu'on ne le pensait». Une vingtaine d'Etats membres sont d'accord avec ma proposition, et j'espère qu'on pourra aller vite, a conclu Mme Grossetête.