Strasbourg, 09/09/2005 (Agence Europe) - C'est avec 244 voix contre, 173 pour et 149 abstentions que le Parlement a rejeté jeudi à Strasbourg le rapport d'initiative d'Eva-Britt Svensson (GUE/NGL, Suède) concernant « la discrimination du genre et les systèmes de santé ». Les députés n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur un certain nombre de points sensibles, comme par exemple le risque encouru par le prélèvement d'ovules, le retrait de tout soutien au financement du clonage d'êtres humains, l'accès illimité aux soins de santé génésique et sexuelle ou encore l'amélioration des conditions de travail dans les services de santé. La majorité du Groupe PPE-DE a voté contre le rapport Svensson, comme chez le Groupe IND/DEM (indépendants/démocrates), mais aussi la plupart du Groupe ALDE. Le PSE s'est abstenu, ce qui a abouti au rejet du rapport.
Tous les amendements ont été rejetés et notamment ceux du Groupe UEN, demandant la suppression du point 21 sur l'accès illimité à des soins de santé génésique et sexuelle, ceux du Groupe IND/DEM demandant d'interdire le clonage des êtres humains dans l'UE, et ceux du PSE demandant de réviser la directive sur l'égalité hommes/femmes dans les services pour tenir compte du fait que les différences dans les cotisations d'assurance entre les femmes et les hommes ne sont pas justifiées. Le rapport de Mme Svensson se concentre sur deux aspects différents liés à la santé des femmes et à la discrimination fondée sur le genre dans les services médicaux et de santé: les inégalités lors du traitement d'hommes et de femmes atteints de maladies identiques ou similaires, et les maladies dites « féminines », comme par exemples la fibromyalgie, le cancer du sein, l'ostéoporose ou encore les risques sanitaires existant lorsque des femmes sont contraintes à l'avortement illégal. Ainsi, ce rapport préconise davantage de mesures pour combattre le cancer du sein (seuls la Belgique, la Finlande, la France, l'Espagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Suède, la Hongrie et le RU utilisent à grande échelle les mammographies, comme le recommandent les orientations de l'UE !). Le rapport souligne aussi l'importance de développer une « perspective de genre » dans les politiques nationales et européennes de santé.
A l'issue du vote, Mme Svensson s'est dite extrêmement déçue, jugeant « complètement déraisonnable que les hommes bénéficient de plus d'attention en matière de soins de santé que les femmes » et regrettant que l'issue de ce vote soit due à une « lutte de pouvoir entre PSE et PPE-DE sur des détails ».