Bruxelles, 07/09/2005 (Agence Europe) - Les Ambassadeurs des Etats membres, réunis mercredi en Coreper, ont repris leur discussion sur le projet de « contre-déclaration » que l'UE envisage d'adopter en réaction à la déclaration de la Turquie du 29 juillet dernier sur la non-reconnaissance de Chypre. La Présidence britannique a pris note des avancées faites lors de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères à Newport (voir EUROPE n°9019, p.3), avant de constater que plusieurs points du projet de texte restent à être finalisés, notamment la formulation exacte du passage relative à la reconnaissance de la République de Chypre par Ankara. Sur ce point, Chypre a réaffirmé mercredi son insatisfaction à l'égard de la proposition de la Présidence, demandant notamment que le mot « reconnaissance » soit explicitement mentionné dans la contre-déclaration (le projet de texte parle seulement de la « normalisation des relations entre la Turquie et les autres Etats membres »). Chypre souhaite aussi que l'UE établisse un mécanisme spécifique et politique pour superviser la mise en œuvre, par la Turquie, du protocole additionnel à l'accord sur l'Union douanière. Pour débloquer la situation, la Présidence britannique poursuivait ses consultations bilatérales. En fin d'après-midi, il n'était pas clair si le Coreper allait poursuivre ses travaux dans la soirée.
Entre-temps, un sondage commandé par le German Marshall Fund et dont les résultats ont été publiés mercredi indique un recul du soutien à une future adhésion de la Turquie à l'UE, tant dans les pays de l'UE qu'en Turquie. Selon cette enquête, 29% des Européens interrogés estiment qu'une adhésion turque serait « une mauvaise chose », soit une augmentation de 9% par rapport à 2004 (20%). Une majorité (42%) estime cependant qu'une adhésion d'Ankara ne serait « ni une bonne ou une mauvaise chose ». En Turquie, ce soutien reste élevé mais il a chuté de dix points par rapport à 2004 pour atteindre 63% (contre 73%).