Strasbourg, 07/09/2005 (Agence Europe) - Trois membres du groupe socialiste - la Belge Véronique de Keyser, l'Allemande Lissy Gröner et le Britannique Michael Cashman - ont apporté, mercredi à Strasbourg, leur soutien aux journalistes des journaux français Libération et L'Humanité, ainsi que de l'hebdomadaire Elle-Belgique, contre lesquels Anna Zaborska (PPE-DE, slovaque) a intenté un procès pour diffamation. Mme de Keyser a expliqué à la presse que, devant ces journaux, elle avait, à l'occasion du trentième anniversaire de la Loi Veil sur la légalisation de l'avortement en France, rapporté des propos homophobes et contre la libération de la femme tenus par Mme Zaborska alors qu'elle était parlementaire slovaque, propos cités par la presse slovaque. « C'est inhabituel d'attaquer un député en attaquant la presse », a commenté Mme de Keyser, qui a dénoncé sur un plan plus général la « vague d'intégrisme » qu'on constate au Parlement européen depuis les dernières élections. Au Parlement, « il se passe des choses qui ne se passaient pas avant », a-t-elle déploré, en rappelant que la parlementaire européenne polonaise Urszula Krupa (Indépendance et démocratie) n'a pas hésité à comparer l'avortement à la Shoah ou au bain de sang de Beslan. Quant à Mme Zaborska (dont l'élection comme présidente de la commission des femmes avait suscité l'année dernière pas mal de remous), depuis qu'elle a été élue elle garde plutôt un « profil bas », a reconnu Mme de Keyser. J'aimerais demander à Mme Zaborska de retirer sa plainte, de venir discuter avec nous, de venir nous expliquer qu'elle n'est pas « homophobe », a déclaré pour sa part Michael Cashman, président de l'Intergroupe des gays. Poursuivre des journalistes en diffamation, c'est une action très « extrême », a estimé le travailliste britannique, en notant: « en politique, nous devons avoir la peau très très dure », et même si on nous attaque, nous devons respecter la liberté de parole. Retirez votre plainte, a plaidé aussi Lissy Gröner auprès d'Anna Zaborska, en l'exhortant: devant la commission des droits de la femme, vous pouvez vous distancier clairement de vos déclarations du passé. Sur un plan plus général, en constatant que « les collègues du PPE connaissaient ces déclarations de Mme Zaborska mais l'ont quand même voulue à la présidence » de la commission des droits de la femme, la social-démocrate allemande a affirmé: c'est parce qu'ils voulaient affaiblir cette commission, c'était un dessein politique délibéré.