Bruxelles, 27/06/2005 (Agence Europe) - L'UE est confrontée à « une crise, une impasse et un manque de conception » pour l'avenir, a affirmé lundi le chef de la diplomatie polonaise, Adam Rotfeld, en ouvrant à Varsovie une réunion annuelle des ambassadeurs de Pologne. « Les égoïsmes nationaux sont en train de supplanter les valeurs qui ont créé l'Europe », a-t-il déploré. « L'UE n'est pas une firme multinationale qui a besoin de gestionnaires efficaces, mais un immense et unique projet politique qui requiert un leadership. Et l'UE manque maintenant d'un tel leadership », a-t-il ajouté. Son homologue allemand Joschka Fischer, présent à Varsovie, a estimé que les dirigeants européens devaient faire face « au plus grand défi qui se soit jamais posé à l'UE ». « Il faut voir et comprendre » les angoisses exprimées par les citoyens à propos de l'élargissement de l'UE, mais l'UE doit aussi tenir les engagements déjà pris à l'égard des pays candidats, a-t-il averti. A Paris, le président du UMP, Nicolas Sarkozy a plaidé lundi pour une « suspension de l'élargissement, tant que les institutions n'ont pas été rénovées », tout en soulignant que cette demande ne concernait ni la Roumanie, ni la Bulgarie. Lors de la réunion du Parti Socialiste Européen (PSE), les 24 et 25 juin à Vienne, son président Poul Nyrup Rasmussen, a estimé que les négociations d'adhésion avec la Turquie pourraient durer plus longtemps que prévu.