Luxembourg, 27/06/2005 (Agence Europe) - Six mois après le tsunami dans l'océan Indien, l'Union européenne et l'UNOCHA (Bureau de la coordination des efforts humanitaires de l'ONU, ont fait le point sur l'aide apportée à la région sinistrée, lors d'une conférence de presse organisée le 24 juin au château de Senningen, au Luxembourg. Jean-Louis Schiltz, ministre luxembourgeois de la Coopération au Développement et à l'Action humanitaire, après avoir souligné que cette opération humanitaire est « la plus grande jamais menée », a expliqué que la coordination a « fonctionné dès les premiers jours » entre l'ONU et l'UE d'une part, les Etats membres et la Commission de l'autre, ainsi qu'entre les Etats membres de l'UE, M. Schiltz a précisé que l'engagement total de l'UE (Etats membres et Commission) atteint 2,3 milliards d'euros - 585 millions d'euros destinés à l'action humanitaire et 1,735 milliard à la reconstruction. Il y a un mois, le ministre avait indiqué que « sur les engagements pris par la Commission et les Etats membres dans le domaine humanitaire, 85% avaient été déboursés ». Sur le plan humanitaire, Jan Egeland, secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU a suggéré de créer un Fonds qui permettrait à l'UNOCHA d'agir immédiatement sur place dans le cas des crises humanitaires: « Nous n'avons aucune visibilité dans notre système humanitaire. Nous espérons disposer à l'avenir d'un fonds d'urgence qui permette à l'ONU d'intervenir le plus rapidement possible en cas de crise humanitaire, partout dans le monde ».
Désormais, ONU et UE demandent d'accélérer le pas pour la reconstruction, qui « démarre lentement, à vitesse différente selon les pays », a noté M. Schiltz, en souhaitant que « dans les mois à venir, nous retrouvions au niveau de la reconstruction l'efficacité qui a caractérisé la phase humanitaire ». Il a été soutenu par le Commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire Louis Michel, qui était à ses côtés et qui a renchéri: « nous devons mettre la pression sur les gouvernements pour qu'ils avancent dans cette perspective. Je ne veux pas que dans un an, trois ans, ou quatre ans, on voit des images de victimes dans des camps ». La FAO appelle de son côté à poursuivre une coordination étroite pour garantir que les ressources engagées pour la reconstruction soient utilisées à bon escient: selon Richard China, coordonnateur des activités de réhabilitation de la FAO, « une aide inappropriée et non coordonnée ferait plus de mal que de bien ».
La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge souligne qu'il est « crucial de pouvoir accéder aux communautés locales pour les sensibiliser aux risques et mettre en place des plans d'évacuation d'urgence ». Croix Rouge et Croissant Rouge se proposent de jouer là un rôle central grâce à leurs réseaux de volontaires profondément implantés au sein des communautés locales et grâce à l'utilisation de technologies d'alerte rapide.