Strasbourg, 27/06/2005 (Agence Europe) - En adoptant, la semaine dernière à Strasbourg, le rapport du socialiste français Claude Evin sur les besoins de santé mentale en Europe, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe estime que « le volume des crédits budgétaires accordés à la santé mentale est un indicateur de la conception de l'homme qui prévaut dans une société donnée ». Comme le rappelle l'ancien ministre de la Santé, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que dans une famille sur quatre, une personne au moins est atteinte d'un trouble du comportement et que chaque année plus de trente millions de personnes souffrent de dépression grave en Europe. Pourtant, seule une petite minorité de personnes atteintes de troubles mentaux bénéficient d'une prise en charge adaptée. Beaucoup d'Etats en Europe centrale et orientale n'ont pas encore de législation en matière de santé mentale qui soit en conformité avec les principes des droits de l'Homme. Là où la législation existe, elle reste trop souvent sans mise en œuvre ou suivi.
L'Assemblée estime que les dispositifs de prise en charge de la santé mentale devraient s'insérer dans l'ensemble des systèmes de santé publique. Les législateurs nationaux devraient avoir conscience de l'importance du point de vue des médecins généralistes, de la nécessité de les associer à l'élaboration de la législation en santé mentale et de l'impératif urgent que représente une formation solide des omnipraticiens dans ce domaine. La prise en charge et les traitements des troubles mentaux au niveau des soins de santé primaires devraient permettre au plus grand nombre d'accéder plus facilement et plus rapidement à des soins adaptés. Les gouvernements des 46 Etats membres du Conseil de l'Europe sont invités à: - garantir le plein respect des droits des personnes atteintes de troubles mentaux ; - adopter une politique de santé mentale respectant les lignes directrices de l'OMS en la matière ; - se doter d'un budget adéquat pour la santé mentale et en particulier pour les soins et services dispensés en milieu ouvert ; - porter une attention particulière aux conditions d'hospitalisation et de prise en charge des personnes hospitalisées en raison de troubles mentaux et s'opposer à tout abus et violation des droits de l'Homme ou de la dignité de ces personnes ; - assurer la mise en place d'un suivi indépendant et l'évaluation des programmes de santé mentale en étroite collaboration avec les professionnels, les usagers et leurs proches.