Bruxelles, 24/05/2005 (Agence Europe) - La première partie du Conseil "Education, culture, jeunesse" s'est clôturée lundi soir par les points culture, sous la présidence d'Octavie Modert, secrétaire d'Etat luxembourgeoise à la culture, à l'enseignement supérieur et à la recherche, en présence du Commissaire Jan Figel, chargé de l'éducation, de la culture et de la jeunesse. Les ministres ont pris acte des candidatures présentées pour la nomination des deux membres du jury chargé de désigner la "Capitale européenne de la culture", Claude Frisoni (Luxembourg) et Jeremy Isaacs (Royaume-Uni), qui seront officiellement désignés par le Conseil au second semestre de cette année. La Présidence luxembourgeoise a d'autre part informé les ministres de l'adoption par le Parlement européen en février dernier de la position commune du Conseil adaptant la décision de 1999 sur la "Capitale européenne de la Culture" afin de permettre aux nouveaux Etats membres d'y participer à partir de 2009.
Le Conseil a eu aussi un échange de vues sur la mobilité des collections des musées européens, dans la perspective de l'élaboration d'un plan d'action 2005-2006. Ronald de Leew, directeur du Rijksmuseum d'Amsterdam, a présenté aux ministres le rapport élaboré par son groupe d'experts, et les discussions ont permis un échange sur les bonnes pratiques entre les Etats membres, dans les limites des législations nationales qui ne prévoient pas toutes les mêmes mesures (certaines, par exemple, autorisent des garanties d'Etat, d'autres non). "Les 25 ont de différents modèles, notamment en matière d'assurance et d'indemnités. La question n'est pas d'harmoniser mais de créer un espace permettant une certaine compatibilité", a précisé Jan Figel, pour qui ce débat a permis de poser les premiers jalons du futur plan d'action. Certains problèmes particuliers, comme les difficultés d'acquittement de frais de location pour les collections modestes, ont été notamment soulevés.
Les ministres ont clôturé la session avec un premier échange de vues sur la proposition de programme "Citoyens pour l'Europe" qui assure la continuité du programme sur la participation civique et qui vise à promouvoir la citoyenneté européenne active pour la période 2007-2013. Toutes les délégations se sont montrées favorables aux objectifs du programme (rapprocher les individus des différentes communautés locales pour échanger expériences et opinions, favoriser les débats et la réflexion sur la citoyenneté européenne, rendre l'idée de l'Europe plus tangible aux citoyens en promouvant les réalisations européennes tout en préservant la mémoire du passé, intensifier le dialogue interculturel avec la participation de l'ensemble de la société civile). Le ministres ont tous déploré le manque d'adhésion des citoyens au projet européen (les référendums en France et aux Pays-Bas sur la Constitution ont été évoqués). Ce n'est pas simplement un projet d'Etats, mais aussi un projet « citoyen », a notamment commenté le Portugal. "Il n'y a pas de démocratie européenne sans une Europe des citoyens », a souligné pour sa part Jan Figel. Le Commissaire a insisté sur l'aspect culturel du programme, car la culture "permet une prise de conscience, elle est facteur d'identité". A ce propos, certaines délégations des nouveaux Etats membres ont évoqué les souffrances des populations dans les goulags, des souffrances, qui ont dit les ministres, doivent rester dans la mémoire collective européenne au même titre que celles des victimes de l'Holocauste. La délégation lettone, soutenue par l'Estonie, la Lituanie et la Hongrie, a proposé d'inclure dans le programme "Culture 2007" une mention aux violences faites à la population sous le régime communiste.