Bruxelles, 24/05/2005 (Agence Europe) - Le rapport publié lundi par Eurostat sur la révision à la hausse des chiffres du déficit italien pour 2003 et 2004 à 3,1% du PIB (EUROPE N. 8952) n'a pas trop ému le ministre italien des Affaires étrangères. « C'est une déviation minimale, qui ne doit pas soulever d'inquiétudes », a estimé Gianfranco Fini lundi à Bruxelles. « Nous sommes dans une situation de faible croissance et des politiques qui soutiennent l'économie doivent donc être mises en place, mais tirer des conclusions négatives et pessimistes d'un changement de 0,1% est faux », a-t-il insisté. Pour l'instant, Eurostat est arrivé à la conclusion que trois opérations comptables devaient être imputées au budget de l'Etat, augmentant le déficit public de 0,2% en 2003 et de 0,1% en 2004 par rapport aux notifications de mars 2005. Ce rapport clôt provisoirement les discussions entre Eurostat et les autorités italiennes, mais les chiffres pourraient encore être révisés. Après examen, il pourrait y avoir « une autre révision du déficit gouvernemental pour la période de 2001 à 2004 », indique Eurostat.
Interrogé sur l'éventuel lancement d'une procédure à l'égard de l'Italie, le Commissaire Franco Frattini a dit mardi à Bruxelles: je n'ai pas encore vu de documents à ce sujet, et vous savez que « nous sommes habitués à décider après avoir négocié avec l'Etat en question ». Le ministre italien du Trésor vient de dire qu'il avait des « doutes » sur les chiffres d'Eurostat concernant les chemins de fer, a signalé M. Frattini, en ajoutant: ce sont des points de détail, mais il faut écouter l'Etat membre concerné.
Outre les nouvelles données du déficit pour 2003 et 2004, les chiffres pour 2005 et 2006 pourraient également être plus pessimistes que les 3,6% et 4,6% prévus par la Commission. Ainsi, le Commissaire Almunia a déclaré à Repubblica: « le risque augmente que le ratio du déficit public par rapport au produit intérieur brut pour 2005, estimé à 3,6%, puisse être pire que prévu ». Joaquin Almunia présentera de toute façon son rapport au collège début juin, le 7 juin très vraisemblablement, et le dossier devrait être abordé par les ministres des Finances de l'UE, lors du Conseil Ecofin de juillet, a confirmé sa porte-parole.