Bruxelles, 24/05/2005 (Agence Europe) - Les ministres de la Défense des Etats membres de l'UE, réunis lundi à Bruxelles au sein du Comité directeur de l'Agence européenne de la Défense (AED), ont prôné davantage de coopération afin d'améliorer l'efficacité des dépenses engagées dans le domaine militaire. Les ministres ont notamment chargé l'Agence de trouver des solutions de rechange au développement d'une prochaine génération de véhicules blindés d'infanterie, alors qu'il existe actuellement 23 programmes nationaux différents en Europe.
« Ce secteur offre un exemple parfait justifiant l'existence de l'Agence », a déclaré le Haut représentant pour la politique extérieure de l'UE, Javier Solana. « La fragmentation du marché est énorme aussi bien pour la demande que pour l'offre et il y a presque aucune coopération internationale entre Etats membres », a-t-il déploré. « Nous sommes convenus qu'on ne peut pas continuer de la sorte et que nous devons trouver les moyens de changer », a ajouté M. Solana.
Les forces armées européennes sont actuellement équipées d'environ 20 000 véhicules blindés de combat, des engins à mi-chemin entre un char et un 4X4 et dont l'utilisation est essentielle au cours de toute opération militaire. Au cours de la prochaine décennie, la demande est estimée à 10 000 véhicules, soit un marché pesant quelque 30 milliards d'euros, selon des chiffres officiels cités par l'AED.
« Les gouvernements européens dépenseront plus efficacement leur argent s'ils le dépensent ensemble », a résumé Nick Witney, le directeur exécutif de l'AED, en notant au passage la domination américaine de l'industrie en Europe. D'une manière plus générale, les ministres ont souligné que la fragmentation actuelle du marché européen des acquisitions de matériel militaire « nuit à l'efficacité des dépenses dans ce domaine et, à plus long terme, à la création d'une base industrielle et technologique de défense solide en Europe », selon le communiqué de l'AED.
L'Agence a aussi été chargée de proposer d'ici à la fin de l'année un « code de conduite » volontaire visant à ouvrir le marché européen de l'armement à la concurrence, un secteur qui est ultra-protégé par les Etats et qui échappe le plus souvent aux règles du marché intérieur. Dans des conclusions adoptées le même jour, le Conseil déclare avoir accueilli « avec satisfaction » le plan d'action adopté par le Comité directeur de l'Agence en vue de la réalisation d'un marché européen des équipements de défense. Il a demandé à l'Agence de le mettre en oeuvre avec célérité, en particulier en ce qui concerne le régime volontaire en matière d'acquisition d'armement.
Par ailleurs, le Conseil s'est félicité du premier rapport sur les activités menées par l'AED et a encouragé l'Agence à poursuivre la mise en oeuvre de son programme de travail 2005, en soulignant l'importance des quatre projets phare lancés (commandement, contrôle et communications (C3), drones, véhicules blindés de combat et marché européen des équipements de défense). Les Etats membres ont salué les progrès réalisés au sujet de la reprise des activités pertinentes du Groupe armement de l'Europe occidentale et de l'Organisation de l'armement de l'Europe occidentale et ont encouragé l'Agence à achever cette tâche dans les délais prévus. Le Conseil a souligné l'importance du premier cadre financier triennal pour l'Agence qui sera soumis à son approbation à l'automne et qui fixera le niveau d'ambition pour l'Agence jusqu'à la fin 2008.
L'Agence européenne de la défense, qui est opérationnelle depuis le début de l'année et dont le siège est à Bruxelles, a été créée l'année dernière pour contribuer à renforcer les moyens militaires des Européens et assurer une meilleure coordination entre les pays membres.