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Bulletin Quotidien Europe N° 8946
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/banque mondiale

MM. Schmit et Almunia d'accord avec les parlementaires sur la nécessité que les 25 soient plus unis dans les instances financières internationales - M.Wolfowitz devra démontrer à partir du 1er juin qu'il poursuivra sur la voie de M.Wolfensohn

Strasbourg, 12/05/2005 (Agence Europe) - Le débat de mercredi en plénière sur la nomination de Paul Wolfowitz comme président de la Banque mondiale a été l'occasion, pour la majorité des députés comme pour le Président du Conseil Nicolas Schmit et le Commissaire européen Joaquin Almunia, de déplorer l'écart entre le poids politique et économique de l'UE et sa participation à la gouvernance des institutions financières internationales. La Commission ne participe pas à ce processus de nomination, mais lorsque j'ai parlé avec Paul Wolfowitz, je lui ai demandé de poursuivre dans la voie positive des réformes engagées par son prédécesseur James Wolfensohn, et M.Wolfowitz m'a assuré sa volonté de le faire, a dit M. Almunia, en ajoutant: il pourra le démontrer, à partir du 1er juin. Je ne suis pas « hélas, en mesure de prendre position au nom du Conseil » car l'UE « en tant que telle, et je dirais aussi hélas, ne joue aucun rôle dans la politique et le fonctionnement de la Banque mondiale », a indiqué pour sa part le président du Conseil Nicolas Schmit, qui a précisé: aucune instance du Conseil n'a discuté de la stratégie de la Banque mondiale, mais lorsque Paul Wolfowitz est venu à Bruxelles, il a eu une rencontre « totalement informelle » avec le Président du Conseil Ecofin Jean-Claude Juncker et les autres gouverneurs européens de la Banque mondiale, au cours de laquelle a été évoquée « la stratégie pour le futur financement du développement ». En même temps, le ministre luxembourgeois des Affaires européennes a reconnu: « Si, à la Banque mondiale, nous étions les actionnaires d'une entreprise privée, nous gérerions très mal notre part de capital » (les 25 ont à la Banque mondiale 28% des voix par rapport aux 16% des Etats-Unis, mais leur part de capital a augmenté de manière « spectaculaire », de 40% à 60%, alors que celles des Américains a diminué, a rappelé M.Almunia). Une meilleure coordination de l'action de l'UE dans ces organisations est une « nécessité absolue », a souligné M.Schmit en disant avoir bien compris le « message » des députés. Et il a remarqué: « Peut-être y a-t-il quelque part dans le traité un article qu'il faudrait lire deux fois pour lancer le débat à ce sujet: l'article 99, repris dans la Constitution, selon lequel les Etats membres peuvent, sur la base d'une proposition, mieux coordonner leur position » dans de telles instances. Le problème est qu'à la Banque mondiale « il y a 25 Etats membres qui ne se parlent pas », s'est indigné Ignasi Guardans Cambo' (ALDE, espagnol), pour qui il ne faudrait pas se limiter à dénoncer la nomination de M.Wolfowitz, mais plutôt dénoncer cette attitude des gouvernements des pays de l'UE.

Cette meilleure cordination est une question de volonté politique, il n'est pas nécessaire de changer le traité, a lancé Monica Frassoni, coprésidente du groupe Verts/ALE, qui a rappelé: les Etats-Unis avaient refusé notre candidat à la tête du Fonds Monétaire International, nous ne l'avons pas fait avec Paul Wolfowitz alors que « nous aurions pu », mais il a « suffi de deux coups de fil » pour qu'on ne le fasse pas…. La position des Européens sur Wolfowitz s'est « adoucie » au fil des semaines, parce qu'ils veulent Pascal Lamy à l'OMC, a estimé pour sa part John Whittaker, du UK Independence Party (Indépendance et démocratie). L'UE doit parler d'une seule voix à la Banque mondiale, ont insisté Anders Wijkman (PPE-DE, suédois), Poul Nyrup Rasmussen (PSE, danois) et Johan Van Hecke (ALDE, belge), qui a dit avoir l'impression qu'à la Banque mondiale « le temps s'est arrêté depuis cinquante ans ». Il faut réformer la Banque mondiale, a réclamé Luisa Morgantini (GUE/NGL, italienne), présidente de la commission « développement » du PE, en martelant: il faut assurer la bonne gouvernance d'une institution qui est la première à l'exiger pour accorder des financements. Nicolas Schmit a dit avoir reçu aussi ce message du Parlement: la réforme de la Banque mondiale est indispensable, notamment pour tenir compte des nouveaux équilibres mondiaux, et l'UE a un rôle capital à jouer dans ce contexte. Sur le fond, la politique de développement de l'UE, le président du Conseil a confirmé que les ministres des Finances de l'UE, lors de leur réunion informelle des 13 et 14 mai, discuteront de moyens nouveaux de financer le développementvous avez entendu parler de certaines taxes », a-t-il noté).

Joaquin Almunia a fait état pour sa part de « quelques petits progrès » dans la coordination des 25 à la Banque mondiale: les directeurs exécutifs européens se réunissent maintenant une fois par semaine, en présence d'un fonctionnaire de la délégation de la Commission à Washington, et ont depuis l'année dernière des réunions annuelles avec le Parlement, la Commission et les ONG. Mais « l'objectif ultime doit être une représentation unifiée » de l'Europe dans ces instances, a conclu le Commissaire Almunia.

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