Bruxelles, 14/04/2005 (Agence Europe) - Pour l'audition du 19 avril au Parlement européen sur l'avenir du textile et de l'habillement sont attendus notamment à Bruxelles le ministre tunisien de l'Industrie, Afif Chelbi, un membre de la mission chinoise auprès de l'UE, Liu Youhou, le président de la fédération professionnelle européenne Euratex, Filiep Libeert, et la présidente des syndicats du textile et de l'habillement de l'UE, Valeria Fedeli (voir EUROPE N. 8923 et 8925).
Les pays méditerranéens en particulier s'inquiètent de la fin du système des quotas convenu dans le cadre de l'OMC et des annonces de l'UE sur une plus grande ouverture de son marché aux pays victimes du tsunami mais, surtout, de l'afflux d'importations provenant de Chine. Trois de ces pays, l'Egypte, le Maroc et la Tunisie, parmi les fournisseurs et clients les plus significatifs de l'UE, ont remis le 12 avril à la Présidence luxembourgeoise et à la Commission européenne, lors de la réunion des hauts fonctionnaires du processus de Barcelone, un mémorandum commun affirmant leur inquiétude face à ces pressions chinoises et suggérant une plus grande intégration entre les deux rives de la Méditerranée. Ils notent en particulier que « la part des exportations de textiles de l'Union européenne dans les exportations mondiales est passée de 49,4 % en 1980 à 34,2 % en 2002, au profit notamment de la Chine, dont la part a triplé au cours de la même période, en passant de 4,6 % à 13,5 %, et qui couvrirait 40 à 50 % des importations d'habillement de l'UE à l'horizon 2010, contre 25 % en 2001. Cette situation risquerait de s'aggraver encore à la lumière de la progression des exportations asiatiques au cours du premier semestre 2005 sur le marché européen », alors que le secteur textile-habillement est « l'une des activités typiquement euroméditerranéennes du fait du croisement d'intérêts et du potentiel d'opportunités, de complémentarité et d'intégration que recèle ce secteur aux niveaux des investissements, de la production, des échanges et de l'emploi. Plusieurs propositions ont été présentées notamment par la Commission dans le cadre de l'étude présentée à ce sujet en décembre 2003, et la Conférence ministérielle de Tunis (28 septembre 2004) sur l'avenir de cette activité ». Les trois pays affirment que « l'importance économique et socio-politique de ce secteur et la progression des exportations asiatiques sur le marché européen, suite au démantèlement des accords multifibres, et les pertes d'emplois irrémédiables militent en faveur de l'accélération de la mise en œuvre des propositions de la Commission et des ministres euroméditerranéens de l'industrie » à travers notamment « une dérogation unilatérale d'urgence de l'UE ciblée et temporaire des règles d'origine en faveur des pays euro-méditerranéens concernés, en attendant l'application du cumul paneuro-méditerranéen, le passage de la sous-traitance à la co-traitance, la formation et la participation aux programmes européens de recherche et développement ». Ils proposent également « l'intégration progressive du secteur entre les deux rives de la Méditerranée: encouragement du partenariat, création de filières, de réseaux et de mécanismes communs dans le cadre d'une stratégie combinant recherche, formation, production et services dans un esprit de solidarité, d'appropriation et de co-développement ». Ils réclament de la Commission européenne qu'elle fasse respecter les règles de la concurrence, au besoin par « des mesures de sauvegarde appropriées » si le dialogue avec la Chine s'avérait inopérant.