Strasbourg, 14/04/2005 (Agence Europe) - Lors de son intervention, mardi à Strasbourg, devant la commission temporaire du Parlement européen sur « les défis politiques et les moyens budgétaires », le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a reconnu que la négociation sur l'adoption du prochain cadre financier (2007-2013) était « particulièrement difficile » et a soutenu certaines idées du rapporteur pour le PE, Reimer Böge (CDU), tout en l'invitant à faire preuve de « réalisme dans ses propositions ». M. Barroso a rappelé que certains Etats membres ne montrent « aucun signe de flexibilité », tout en réitérant la nécessité d'atteindre un accord politique sur le dossier d'ici fin juin. « Si ce n'est pas le cas, cela représentera un revers majeur pour l'Europe », a prévenu le président de la Commission. « Vos idées s'inscrivent dans le droit fil de ce que la Commission a présenté », a dit M. Barroso à M. Böge (EUROPE n°8921 et 8918). Pour la Bulgarie et la Roumanie, dont les dépenses directes en matière de Politique agricole commune (PAC) sont estimées à 7,9 milliards d'euros, M. Böge propose de rester sous le plafond fixé par le Conseil européen d'octobre 2002 à Bruxelles et prévoit une possibilité de cofinancement national, par les anciens 15 Etats membres, pour garantir le niveau de soutien fixé par le Conseil européen. Il s'agit d'une idée « intelligente permettant d'offrir des garanties aux agriculteurs (...) si ce cofinancement est obligatoire! », s'est exclamé M. Barroso, en ajoutant que cette solution serait « acceptable » uniquement « en dernier recours ». M. Barroso s'est opposé à la position du rapporteur sur une durée quinquennale des prochaines perspectives financières. « Les prochaines perspectives financières doivent durer jusqu'en 2013 » pour donner suffisamment de temps à la mise en œuvre des programmes pluriannuels (politique de cohésion, recherche…) et tenir compte de « l'accord (existant) sur les dépenses agricoles couvrant cette période », a-t-il estimé. De manière plus générale, M. Barroso a répété l'argument défendu aussi par les parlementaires selon lequel on ne peut avoir « plus d'Europe avec moins de moyens ». Il a appelé indirectement certains Etats membres à garder à l'esprit le principe de solidarité européenne et les objectifs de la politique de cohésion. « Il faut arrêter de croire que les crédits qui renforcent les structures des autres pays sont de l'argent perdu », a-t-il lancé.
M. Barroso a aussi expliqué que le dossier des ressources propres était au point mort au Conseil et a rappelé que l'idée d'un nouvel impôt, soutenue par Kathalijne Buitenweg (Verts/ALE, néerlandaise), n'est « ni envisageable, ni viable ». Il a accueilli favorablement l'idée d'Alain Lamassoure (PPE-DE, français) de réunir des membres du Parlement européen et des parlements nationaux pour tenter d'identifier les modifications envisageables du système des ressources propres. Au sujet de la ristourne budgétaire britannique, dont Esko Seppänen (GUE/NGL, finlandais) a demandé la suppression, M. Barroso a rappelé que la proposition de la Commission visant à introduire un mécanisme de correction généralisé « n'a pas recueilli un grand appui au sein du Conseil ». Il faudra donc trouver une autre solution, a-t-il admis.
La commission temporaire du PE doit adopter le 10 mai à Strasbourg le projet de rapport de M.Böge, qui pourrait dès lors être voté par la plénière de juin (du 6 au 9 juin).