Strasbourg, 13/04/2005 (Agence Europe) - Le Parlement européen a décidé mardi à une très large majorité (551 voix contre 80 et 7 abstentions) de donner décharge à son président sur l'exécution du budget 2003, en se félicitant d'un niveau très élevé d'exécution budgétaire. En adoptant le rapport de Ona Jukneviciene (ALDE, lituanienne), le PE refuse de créer la polémique sur son siège en se contentant de rappeler que « la non existence d'un lieu de travail unique signifie des coûts supplémentaires considérables pour le budget du Parlement ». Le coût induit par le fait que le Parlement européen siège dans trois pays « est évalué à plus de 200 millions d'euros par an », selon les parlementaires (500 millions d'euros selon l'élu FDP Alexander Alvaro, qui fait campagne pour un transfert progressif des sessions à Bruxelles). Catherine Trautmann (PSE, française) se félicite que « les offensives récurrentes contre le siège strasbourgeois du Parlement européen ont été repoussées ». Selon elle, « le prix de la démocratie porte un coût. Ce coût, c'est le prix à payer par le fait que le Parlement européen siège dans trois pays. Strasbourg, dont le siège est fixé depuis le traité d'Amsterdam, véhicule nos valeurs et représente l'expression d'une Europe décentralisée ». Alors que le rapport faisait observer que « Bruxelles serait le lieu le plus logique où établir un siège unique » (EUROPE n°8912), cette remarque a été supprimée, lors du vote final comme celle affirmant que le PE a le droit de fixer son siège.
Au sujet des indemnités des députés, le PE soutient l'initiative prise par la Présidence luxembourgeoise « en vue de parvenir à un accord sur le statut des députés prévoyant une rémunération unique » des membres du Parlement européen ». Dans ce contexte, le Parlement attire l'attention sur « l'écart qui se creuse entre les rémunérations depuis l'élargissement et sur la nécessité urgente de trouver une solution qui garantisse un traitement équitable pour tous les députés et respecte leurs législations et dispositions nationales ». Toutefois, le PE estime que même en l'absence d'un statut commun, il devrait être possible de concevoir un système transparent et équitable. Il ajoute que l'adoption de ce statut commun impliquerait la mise en place d'un régime de pension identique pour tous les députés et mettrait fin à toute contribution du budget du PE à un régime de pension volontaire.
Par ailleurs, les parlementaires pressent le Bureau du PE de prendre toutes les mesures nécessaires pour « accélérer le recrutement de personnel linguistique afin de garantir le droit de tout député à s'exprimer dans sa langue maternelle en proposant un service d'interprétation vers et à partir des langues respectives ». Les députés déplorent le manque de clarté du dispositif régissant les prestations de sécurité sociale applicables aux assistants parlementaires et jugent inacceptable l'autorisation de fumer dans les locaux du Parlement. Dans ce contexte, ils réclament d'urgence des mesures visant à réduire le tabagisme et demandant aux questeurs de désigner une zone « fumeurs » clairement définie et bien aérée.